Les Italiens ont exprimé leur désaccord de manière significative en rejetant le référendum proposé par la première ministre Giorgia Meloni, axé sur l'indépendance de la justice. Avec un score final de 53,7 % contre 46,3 %, ce résultat reflète un sursaut démocratique inédits, avec une participation record de plus de 59 %.
Les citoyens ont affirmé leur attachement à l'État de droit, en se mobilisant contre une réforme annulant les mécanismes d'élection des magistrats. L'analyse d'Andrea Fabozzi, rédacteur en chef d'Il Manifesto, résume bien la situation : "Il faudrait avoir dormi pendant toute la campagne électorale pour ne pas saisir que cette réforme vise à contrôler le judiciaire." Cette opposition marquée des citoyens illustre une préoccupation croissante face aux tentatives de l'exécutif d'influencer les décisions judiciaires.
Une défaite politique majeure
Le gouvernement, notamment via le porte-parole de Fratelli d'Italia, Galeazzo Bignami, a tenté de minimiser l'importance de cette question, qualifiant les changements proposés de "détail technique". Cependant, ce référendum touchait à des principes fondamentaux de la démocratie, en permettant au parlement et à la présidence de proposer des juges, alors qu'aujourd'hui, ceux-ci sont élus par leurs pairs.
Cette réforme prenait place à un moment où plusieurs décisions judiciaires avaient déjà entravé les projets de Meloni, notamment son initiative controversée d'ouvrir des camps pour migrants en Albanie. Cela a renforcé l'argumentation des opposants qui voyaient dans cette réforme une façon de contrôler la magistrature.
Pour Maurizio Landini, secrétaire général de la CGIL, cette victoire constitue un message fort : "La Constitution ne doit pas être changée, mais bien appliquée. Un appel à l'unité qui résonne dans tout le pays". Des manifestations joyeuses ont eu lieu sur les grandes places italiennes, exprimant une volonté de changement et de résistance face à des politiques jugées autoritaires.
Pour Giorgia Meloni, cette défaite représente un revers politique important, son premier depuis son arrivée au pouvoir en 2022. Bien qu'elle ait tenté de faire de ce référendum une validation de sa gouvernance, son camp semble se détourner : "Le résultat ne remet pas en question notre gouvernement", a déclaré Bignami.
Meloni avait délégué à son allié Matteo Salvini la responsabilité de critiquer la magistrature, renforçant le discours des "juges rouges", une charge reprise depuis les temps de Silvio Berlusconi. Rappelons que Salvini est lui-même sous enquête pour des décisions relatives à l'accueil des migrants en mer Méditerranée.







