Dans une initiative inédite, le gouvernement britannique a lancé un projet pilote impliquant environ 300 adolescents âgés de 13 à 17 ans. Ces jeunes seront exposés à différentes formes de restrictions sur l'utilisation des réseaux sociaux sur une période de six semaines. L'objectif est d'examiner l'impact de ces mesures sur leur performance scolaire, leur sommeil et leur vie familiale.
Selon le ministère des Sciences, de l'Innovation et de la Technologie, les adolescents seront répartis en plusieurs groupes. Certains verront leur accès à ces applications totalement désactivé, tandis que d'autres n'auront pas accès aux réseaux durant la nuit. Un troisième groupe aura une limite d'une heure par jour sur les plateformes les plus prisées comme Instagram et TikTok. Les résultats de ces groupes seront comparés à ceux d'un quatrième groupe, qui conservera un accès illimité.
Liz Kendall, secrétaire d'État à la Technologie, a mentionné que ce projet permettra de recueillir «les données nécessaires pour guider les futures décisions», soulignant l'importance de l'expérience des familles dans cette équation. Ce projet intervient dans un contexte où des pays comme l'Australie ont déjà pris des mesures similaires, interdisant l'accès aux moins de 16 ans.
La France, de son côté, a récemment débattu d'une proposition de loi visant à interdire l'utilisation des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, faisant écho aux préoccupations croissantes concernant la sécurité en ligne des jeunes.
Ce projet pilote britannique fait également partie d'une consultation plus large sur la régulation des réseaux. Celle-ci examine non seulement une interdiction, mais également des dispositifs comme le «scrolling» qui encouragent une utilisation addictive. Malgré les réticences, comme celles exprimées par certains députés, cette consultation pourrait jouer un rôle crucial dans l'élaboration d'éventuelles législations.
Des figures publiques, telles que l'acteur Hugh Grant, ont exhorté le gouvernement à adopter des mesures plus strictes pour protéger les jeunes utilisateurs, arguant que les parents ne peuvent pas faire face seuls aux dangers des réseaux sociaux. Toutefois, des experts soulignent que ces restrictions peuvent être facilement contournées, et plaident pour une responsabilité accrue des plateformes dans la régulation de leurs contenus.







