Le 25 mars dernier, le gouvernement suédois a annoncé son intention de poursuivre le projet de loi très controversé qui obligerait certaines agences, y compris les organismes de sécurité sociale, à dénoncer les migrants soupçonnés de séjourner illégalement dans le pays. Ce mouvement s'inscrit dans une promesse de durcissement de la politique d'immigration, faite par le gouvernement de droite arrivé au pouvoir en 2022, soutenu par le parti des Démocrates de Suède (SD).
La disparition de l'immigration illégale est une priorité pour le gouvernement, avec plus de 100.000 personnes actuellement sans titre de séjour validé en Suède, selon les données officielles. Le ministre des Migrations, Johan Forssell, a exprimé lors d'une conférence de presse : "Si nous ne parvenons pas à maîtriser cette société parallèle, elle s'installera durablement".
Six administrations concernées par cette réforme
La réforme imposerait à six organismes, tels que l'agence pour l'emploi et l'administration pénitentiaire, de signaler les migrants qu'ils soupçonnent de séjourner illégalement dans le pays. Ingemar Kihlström, porte-parole des questions migratoires pour le parti chrétien-démocrate, a déclaré : "Il est déraisonnable qu’un organisme ait en sa possession des informations nécessaires pour l’exécution des expulsions sans pouvoir les partager avec les autorités compétentes".
Cependant, cette mesure a soulevé un tollé au sein de la société civile. Des syndicats et des groupes de défense des droits de l'homme, comme Civil Rights Defenders, préviennent que la loi pourrait effrayer encore plus les migrants. Heike Erkers, présidente du syndicat Akademikerförbundet SSR, a fait état d'une possible émergence d'une société parallèle plus vaste où les personnes cibles éviteraient tout contact avec les administrations par crainte d'être dénoncées.
Le gouvernement veut renforcer la collecte de données biométriques
Avec également des répercussions sur l'accès à des droits fondamentaux comme l'éducation, les critiques vont croissantes. Le juriste John Stauffer a déclaré à l'AFP que même avant la mise en œuvre de cette proposition, il était déjà perceptible que les sans-papiers hésitaient à interagir avec les autorités.
"Le risque est grand que les sans-papiers évitent de contacter ces agences", selon John Stauffer.
En parallèle, le gouvernement envisage également de renforcer la collecte de données biométriques pour faciliter les expulsions. Si le projet de loi est adopté, ces mesures pourraient entrer en vigueur dès le 13 juillet, marquant un tournant dans la politique d'immigration suédoise.







