Privées de rémunération depuis janvier, les 2 000 infirmières de l'association Asalée protestent à travers toute la France le 26 mars.
Epicentre d'un mécontentement croissant, les infirmières de l'association Asalée manifestent aujourd'hui pour condamner l'arrêt de leurs salaires. Jamais à court de passion pour leur métier, elles expriment leur colère face à une situation inacceptable : « cela fait trop longtemps que nous travaillons sans être rémunérées », déclarent-elles. Depuis la suspension de financements de la Caisse nationale d'assurance-maladie (Cnam), qui représente près de 100 millions d'euros par an, ces professionnelles sont laissées à elles-mêmes.
Cette suspension fait suite à un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), mentionnant des « insuffisances en termes d’organisation et de pilotage » de l’association, qui a engendré des « irrégularités » au regard du droit du travail et des règles de gestion de l'argent public. En conséquence, le tribunal des affaires économiques de Paris a été saisi pour traiter cette situation, marquée par une cessation de paiements depuis début mars.
Malgré tout, ces infirmières, qui accompagnent près de 3 millions de patients chaque année, continuent de prouver leur engagement envers leurs patients. L'audience de redressement judiciaire est prévue pour demain, 27 mars, mais pour l'heure, la situation reste préoccupante.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a affirmé que des solutions pour leurs salaires seraient mises en place rapidement, soulignant la « priorité du gouvernement » d'assurer la continuité des services de santé qu'elles représentent. Elle a ajouté que des réflexions étaient en cours concernant des mesures d'accompagnement.
« Mise à l’écart »
La coalition Les Libéraux de santé a appelé à un changement de leadership au sein d'Asalée, exigeant des comptes sur l'utilisation des financements publics. En parallèle, des milliers d'infirmières ont rédigé une tribune publiée dans L’Humanité, dénonçant une décision qui les laisse dans une situation insupportable.
Les infirmières écrivent : « Ce scandale n’est pas un accident. C’est une décision », un cri du cœur qui interpelle la société toute entière, rappelant que leur engagement pour la santé de la population ne doit pas se faire au détriment de leur propre survie.







