K.P. Sharma Oli, ancien Premier ministre népalais, est dans le viseur de la justice après les événements tragiques de septembre 2025. Une commission d'enquête a récemment recommandé l'ouverture de poursuites pénales contre lui pour sa gestion des manifestations qui ont secoué le pays et conduit à sa chute.
Le rapport, détaillé sur 900 pages, accuse non seulement Oli, mais également l’ancien ministre de l’Intérieur, Ramesh Lekhak, et l'ancien chef de la police, Chandra Kuber Khapung. Cette commission, chargée d'éclaircir les événements entourant l'insurrection meurtrière, a établi que le 8 septembre, des milliers de jeunes, regroupés sous la bannière de la Génération Z, s'étaient mobilisés pour dénoncer divers problèmes, notamment la corruption et le chômage.
Ce jour-là, des manifestations pacifiques se sont transformées en drame, faisant au moins 19 morts par balles. Ce bilan tragique a suscité une colère populaire qui a conduit à la destruction de plusieurs bâtiments publics, dont le Parlement, résultant finalement dans la démission d'Oli.
Selon le rapport, les violences ont causé la mort d'au moins 77 personnes en tout. En réponse à cette crise, Sushila Karki, ex-cheffe de la Cour suprême devenue Première ministre par intérim, a mis en place cette commission d'enquête. Les investigations ont duré plusieurs mois et ont impliqué l'audition de plus de 200 témoins.
Bien que le rapport ait été préparé, son contenu n’a pas encore été entièrement divulgué, mais son « fuite » a coïncidé avec une période critique pour le gouvernement, juste avant l'élection des nouveaux membres de la Chambre des représentants. Le Parti national indépendant (RSP) a remporté une victoire écrasante lors des élections de mars, avec 182 sièges sur 275. La montée d'un nouveau leadership, comme le rappeur Balendra Shah, maire de Katmandou, élu sous les couleurs du RSP, montre une évolution significative dans le paysage politique népalais.
La situation demeure tendue et les attentes sont élevées quant à la réaction du gouvernement face à ces recommandations. Les observateurs politiques s'interrogent sur l'impact des poursuites judiciaires sur la dynamique politique future, suscitant des débats sur la responsabilité et la gouvernance dans le pays.







