Le 26 mars, après de nombreux mois de négociations et d’incertitude, les eurodéputés ont donné leur feu vert à un accord de libre-échange important visant à réduire la dépendance de l’Union européenne vis-à-vis des États-Unis et de la Chine. Cet accord, signé l'été dernier entre Bruxelles et Washington, a été avalisé avec une large majorité : 417 voix pour contre 150 voix contre.
Les eurodéputés, cependant, n’ont pas manqué d'assortir leur assentiment de plusieurs conditions de sécurité. Cela inclut des garde-fous, des conditions suspensives et même une clause d'extinction à activer d'ici mars 2028. L'objectif est clair : dénoncer le caractère inégalitaire de cet accord tout en affichant une méfiance grandissante envers la politique commerciale du président américain, dont l'usage des droits de douane est perçu comme une arme de pression diplomatique.
« Nous ne nous laisserons pas intimider. Ce vote démontre que le Parlement européen défend les intérêts de nos citoyens », a affirmé Kathleen Van Brempt, eurodéputée belge pour le groupe S&D. Zeljana Zovko, du PPE, a également souligné que « 16 millions d'emplois dépendent du commerce transatlantique » et a appelé à renforcer cette relation.
Incertitude juridique
L'adoption de cet accord a été retardée par les incertitudes entourant les menaces américaines d'annexer le Groenland, ainsi que par une récente décision de la Cour suprême américaine. Cette dernière a invalidé certains droits de douane instaurés par Donald Trump, plaçant la pression sur Washington pour mettre en place des taxes provisoires en attendant un nouveau système tarifaire.
Les conditions émises par le Parlement devront également recevoir l'approbation des États membres lors de négociations qui s'annoncent complexes. Malgré les efforts pour rééquilibrer les deux parties, certains députés français du groupe Renew se sont prononcés contre cet accord. « L’accord devait apporter stabilité et prévisibilité. S'il n'offre même plus cela, je ne vois pas pourquoi nous le soutiendrions », a déclaré Pascal Canfin.
Stratégie de diversification
Le commissaire européen au commerce, Maros Sefcovic, a salué cet accord comme « une étape cruciale » pour les relations transatlantiques, tout comme l'ambassadeur américain auprès de l’UE qui a qualifié cette décision de {{good}} pour les citoyens des deux côtés de l’Atlantique.
Pendant ce temps, l’Europe cherche à diversifier ses partenariats et à diminuer sa dépendance envers des puissances comme les États-Unis et la Chine. Cela se traduit par une multiplication d'accords de libre-échange, incluant des discussions avec des pays tels que l'Indonésie, le Mercosur, et récemment l'Australie.
L'économiste André Sapir, membre du think tank Bruegel, souligne que cette stratégie de diversification a été propulsée par les politiques de Trump, qui ont perturbé l'ordre économique international. « Les États-Unis, qui étaient jadis au centre du système économique mondial, se sont maintenant transformés en un élément déstabilisateur », note-t-il.
En réponse aux pratiques de coercition, ces nouveaux accords sont perçus comme une mesure « défensive » vitale. « Ce sont nos porte-avions, nos armes stratégiques dans l'ordre international », conclut-il.







