En raison de l'aggravation des tensions au Moyen-Orient, le Japon a décidé de desserrer ses restrictions sur les centrales à charbon, une décision qui suscite de vives critiques de la part des experts environnemenaux. Le ministère de l'Industrie a annoncé cette mesure en réponse à la crise énergétique, qui dure depuis maintenant 28 jours, soulignant la nécessité de garantir un approvisionnement stable.
Lors d'une récente réunion avec des spécialistes, le ministre a exprimé que, étant donné la situation actuelle, "l'incertitude concernant les achats futurs de gaz naturel liquéfié (GNL) est en hausse". Les nouvelles règles permettront d'exploiter les centrales à charbon, anciennes et moins efficaces, à plein régime afin de réduire la dépendance aux importations de gaz.
Traditionnellement, le Japon a produit environ 70 % de son électricité à partir de sources thermiques, dont 30 % proviennent du charbon. Cependant, jusqu'à présent, l'utilisation de ces centrales était maintenue à un seuil de 50 % ou moins, un plafond désormais revu à la hausse par le gouvernement.
Selon les autorités, cette mesure temporaire devrait permettre d'économiser environ 500 000 tonnes de GNL. Cependant, cette annonce n'est pas sans conséquences négatives sur l'environnement. Yoko Mulholland, du think tank E3G, a averti que cela pourrait retarder les efforts du Japon pour réduire sa dépendance au charbon, surtout avec un objectif d'élimination des centrales inefficaces d'ici 2030.
En parallèle, plusieurs pays d'Asie, dont la Corée du Sud et les Philippines, adoptent des mesures similaires pour lutter contre la hausse des coûts et les perturbations d'approvisionnement. Le détroit d'Ormuz est désormais aux mains de l'Iran, ce qui a exacerbé la crise énergétique globale. Le Japon, étant le cinquième plus grand importateur de pétrole mondial, tire 94 % de son pétrole du Moyen-Orient, une réalité qui soulève des inquiétudes quant à sa sécurité énergétique à long terme.
Les dirigeants japonais doivent désormais réfléchir à des alternatives durables. Comme l'a souligné un porte-parole gouvernemental, "cette crise a mis en lumière les risques liés à la dépendance aux énergies fossiles. Il est temps pour le Japon de transformer les énergies renouvelables en atout stratégique national". La situation actuelle sert de rappel urgent que le changement est nécessaire pour garantir une sécurité énergétique durable dans le pays.







