Le gouvernement israélien s'apprête à voter un budget de la Défense qui devrait augmenter de près de neuf milliards d'euros, plus du double par rapport à 2023, dans le contexte de la guerre en cours à Gaza. Cette hausse pose la question de l'avenir politique du pays, alors que les élections législatives sont anticipées pour octobre.
Avec un budget total du pays s'élevant à environ 213 milliards d'euros, cette décision met l'accent sur les dépenses militaires au détriment d'autres secteurs. L’Israël, engagé dans un conflit complexe avec le Hamas et le Hezbollah, a déjà observé une augmentation signifiée de ses dépenses de sécurité. Comme l'indique le journal Le Monde, ce budget pourrait marquer un tournant décisif pour la nation en pleine guerre.
Un bouleversement historique pour Israël ?
Selon la presse israélienne, le gouvernement a récemment approuvé une avance de 827 millions de dollars pour des achats militaires d'urgence liés à la guerre. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, décrit cette situation comme un « tournant historique », affirmant que « nous avons la capacité de redessiner le Moyen-Orient ». Cependant, cet optimisme est contesté par l’opposition. Yaïr Lapid, leader du parti Yesh Atid, a qualifié ce budget de « plus grand vol de l'histoire de l'État », soutenant qu'il ne représente qu'une opportunité pour les élites politiques de profitter aux dépens du peuple israélien.
Alors que le gouvernement prévoit une coupe de 3 % dans les budgets des ministères comme l’Éducation et la Santé, il a également annoncé une augmentation significative des fonds destinés aux partis ultraorthodoxes et aux colonies, qui repartent sans changement malgré les coûteuses coupes budgétaires. BBC rapporte qu'un rapport de l'organisation anticolonisation « la Paix maintenant » souligne que les fonds publics continuent d'alimenter les colonies de Cisjordanie, qualifiant cette stratégie de « braquage en plein jour ».
Des répercussions sur les territoires occupés
La préservation des budgets alloués aux colonies, malgré les coupes dans d'autres domaines, suscite de vives critiques. Le rapport de « la Paix maintenant » pointe du doigt le paradoxe d’un gouvernement qui réduit les financements à l’intérieur d’Israël tout en investissant dans des territoires occupés. Fin 2025, une décision a été prise pour investir 760 millions d'euros dans le développement des colonies sur cinq ans, révélant ainsi la divergence entre les priorités des dirigeants israéliens et les besoins fondamentaux de leurs concitoyens.







