Min Aung Hlaing, qui était à quelques mois de la retraite militaire, a bouleversé la scène politique en renversant le gouvernement démocratique pour établir une junte militaire sous sa direction en 2021. Aujourd'hui, alors qu'il se prépare à devenir président, ce général de 69 ans est au cœur des tensions qui secouent la Birmanie.
Nommé chef de l'armée en 2011, Min Aung Hlaing est intervenu à une période où la Birmanie amorçait une transition vers la démocratie après des décennies de régime militaire. Pourtant, en 2021, il a orchestré un coup d'État, déchappant ainsi le gouvernement élu d'Aung San Suu Kyi, maintenant emprisonnée.
Depuis lors, le pays est plongé dans une guerre civile, avec des groupes pro-démocratie et des milices ethniques qui se battent contre la junte. Cette crise a poussée des millions de personnes dans la pauvreté et exacerbé les tensions entre les différentes ethnies du pays.
Le Parlement birman a récemment amorcé le processus de choix du nouveau président, suite aux élections dominées par les partis pro-militaires. Ces élections ont été largement critiquées pour leur manque de légitimité et pour avoir exclu les partis d'opposition comme la Ligue nationale pour la démocratie.
Avec plus de 80 % des sièges remportés par le Parti de l'union, de la solidarité et du développement (PUSD), la voie semble dégagée pour Min Aung Hlaing pour formaliser son ascension. Malgré les politiques contraires et les critiques internationales, son passage au costume présidentiel est envisagé dans un cadre où la communauté internationale gronde contre ces agissements.
Nous avons vu, lors du défilé de la Journée des forces armées, une démonstration de force sans précédent, assurant ainsi la domination continue de la junte. Min Aung Hlaing, arborant de nombreuses décorations, a affirmé que le gouvernement en place était “légitimement élu par le peuple,” un discours qui, selon de nombreux observateurs, cache une réalité bien plus négative.
Un ancien officier a d’ores et déjà pris la relève de Min Aung Hlaing à la tête de l'armée, créant ainsi une continuité dans la conduite des affaires militaires. Ce changement de leadership est essentiel pour maintenir le contrôle tout en laissant à Min Aung Hlaing la marge de manœuvre nécessaire pour naviguer dans ce nouvel environnement politique.
Néanmoins, ses antécédents, notamment lors de la crise des Rohingyas en 2017 qui a conduit à plusieurs milliers de réfugiés au Bangladesh, font de lui une figure controversée. Banni de Facebook pour incitation à la haine, il fait face à des accusations de crimes contre l'humanité, un lourd héritage qui pourrait éclipser ses ambitions présidentielles.
Selon l'organisation à but non lucratif Armed Conflict Location & Event Data (ACLED), jusqu'à 90 000 personnes ont perdu la vie depuis le coup d'État. Ces chiffres soulignent la gravité de la situation en Birmanie, que Min Aung Hlaing continue de refuser de reconnaître, prétendant ne commettre aucune violation des droits humains.
La montée de Min Aung Hlaing sur la scène politique ne représente pas seulement un changement de pouvoir, mais elle soulève également des questions cruciales sur le futur de la démocratie en Birmanie et sur la sécurité des droits fondamentaux de sa population.







