« Nous nous en souviendrons », avait lancé Donald Trump le 20 mars dernier, critique acerbe à l'égard des pays de l’Otan qu’il avait qualifiés de « lâches ». Ce coup de semonce faisait suite à leur refus d'intervenir militairement dans le détroit d’Ormuz. Quatre jours auparavant, Trump avait déjà averti que des « conséquences graves » attendraient l’Alliance atlantique.
Le 31 mars, le président américain persistait dans ses attaques, cette fois en désignant la France, jugée « très peu coopérative » dans le conflit iranien. Cette déclaration, relayée sur le réseau Truth Social, faisait écho aux réticences françaises à autoriser le survol de son territoire par des avions militaires américains à destination d’Israël. En réponse, l’Élysée a simplement rappelé que cette position respectait « la politique française depuis le début du conflit ».
Les critiques répétées de Trump sur le multilatéralisme ne cessent d’étonner.
Le langage acéré de Trump a perdu de sa surprenante intensité. Néanmoins, son indignation demeure palpable. À qui peut-on s'étonner que ses partenaires de l'Otan ne suivent pas aveuglément ses directives, tandis qu’il a lancé des frappes en Iran sans en informer ses alliés ? Par ailleurs, il ne cesse de dénigrer leur souveraineté, menaçant même des nations membres de l’alliance, comme le Groenland et le Canada. Loin de se limiter aux enjeux militaires, Trump porte un coup sévère au multilatéralisme.
Pour l'heure, les Européens, dont la France, optent pour la retenue, hésitant à évoquer une « violation du droit international » après les bombardements en Iran. D'autant plus que les États-Unis absorbent plus de 60 % des dépenses de défense des 32 pays de l'Otan. La question de l’avenir de l’Ukraine reste également étroitement liée à Washington.
Cependant, face aux actions du régime iranien, l’appel de Trump à agir se fait de plus en plus pressant. Les Européens, bien qu'affirmant être prêts pour « des actions défensives », font preuve de prudence. Ils s'efforcent de garder leurs distances face à un conflit dont ils ne sont pas responsables, mais dont ils supportent les lourdes conséquences économiques.
Étonnamment, même des alliés comme Giorgia Meloni, proche de Trump, n'ont pas autorisé des avions militaires dans ce conflit à atterrir sur la base de Sigonella, en Sicile. La puissance américaine est évidente, mais l’isolement de son dirigeant est tout aussi manifeste.







