Le 6 novembre 2025, un accord minier a été signé entre les États-Unis et le Kazakhstan, présenté comme une avancée stratégique pour réduire la dépendance américaine face à la Chine concernant les minerais critiques. Toutefois, une enquête du New York Times met en lumière des liens préoccupants avec l’entourage de Donald Trump, notamment ses fils.
Sous le sol kazakh, un précieux métal attend d’être exploité. L’accord porte sur un gisement gigantesque de tungstène, un élément essentiel utilisé dans la fabrication d'ogives nucléaires et de composants électroniques, connu comme “le métal de la guerre”. Cet accord pourrait rapporter des millions à ceux qui gravitent autour du pouvoir à Washington.
En effet, selon des documents fédéraux et des déclarations financières, l’entreprise Kaz Resources, chargée d’exploiter le projet en collaboration avec une entreprise publique kazakhe, n’est pas la seule à bénéficier de cette initiative. Jusqu’à 1,6 milliard de dollars de financements étatiques américains pourraient soutenir ce projet, permettant aux États-Unis de produire “environ 12 000 tonnes de tungstène par an”, équivalent aux importations annuelles actuelles.
Un réseau d’initiés
Les négociations ayant mené à la signature de cet accord ont eu lieu à très haut niveau. En septembre 2025, Howard Lutnick, ministre du Commerce américain, a rencontré le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev à New York. Donald Trump a ensuite participé aux discussions par téléphone pour conclure les termes de l’accord, selon Pini Althaus, directeur général de Kaz Resources.
Peu après ces pourparlers, des investisseurs liés à Dominari Securities, une société basée dans la Trump Tower et partiellement détenue par Donald Trump Jr. et Eric Trump, ont acquis une part significative dans une entité commerciale liée à ce projet. Les actions qu'ils détiennent, évaluées à près de 7 millions de dollars, continuent de susciter des inquiétudes quant à des conflits d'intérêts potentiels.
En parallèle, Cantor Fitzgerald, dirigée par la famille Lutnick, levait 210 millions de dollars pour un partenaire du projet, une opération qui pourrait rapporter des millions à leurs proches, comme le souligne New York Times.
“Gênant pour certains”
Signé lors d’une rencontre des dirigeants d'Asie Centrale, cet accord a été opportun face à d'autres enjeux géopolitiques. Bien que les fonds fédéraux n’aient pas encore été débloqués, leur simple annonce a souvent l'effet d’une hausse immédiate de la valeur des entreprises impliquées. Les firmes engagées ont en effet déjà perçu des commissions liées à la levée de nouveaux capitaux.
Pini Althaus a déclaré comprendre pourquoi de telles transactions peuvent être perçues comme embarrassantes, tout en affirmant ne pas avoir eu connaissance de l'implication des fils Trump au début. Eric Trump a de son côté affirmé avoir été un “investisseur passif” sans rôle décisionnel dans cette entreprise.
Le Kazakhstan n’est qu’un exemple parmi d’autres sur une liste révélée par le New York Times, qui a identifié un total de 14 compagnies liées au domaine des minerais critiques en rapport avec l’administration Trump. Ces sociétés, toutes avec des demandes en cours pour des fonds fédéraux, soulèvent des questions sur l’éthique et la transparence des décisions gouvernementales. Au total, plus de 8,9 milliards de dollars de financements publics ont été accordés ou sont prévus.







