Le 31 mars dernier, le sapin de Noël du Morvan a obtenu son indication géographique protégée (IGP), devenant ainsi la première plante horticole à bénéficier d'un tel label en France. Locataire d’un savoir-faire artisanal, cette distinction s’ajoute aux IGP déjà existantes pour les vins et fromages.
Située en Bourgogne, la région du Morvan est reconnue pour être le plus grand producteur de sapins de Noël en France. L’IGP couvre presque tout le parc naturel régional, englobant les départements de la Côte-d'Or, de la Saône-et-Loire, de la Nièvre et de l'Yonne. Actuellement, une quinzaine de producteurs se sont engagés à respecter un cahier des charges strict pour garantir la qualité de leur production.
Jean-Christophe Bonoron, président de l'association française du sapin de Noël naturel (AFSNN) et l'un des principaux producteurs, a joué un rôle clé dans l'obtention de cette IGP. Sur son exploitation de 80 hectares à Brassy, il vend chaque saison pas moins de 30 000 sapins. "Nous avons pour objectif de ne proposer que les plus beaux spécimens sous ce label, une garantie pour le consommateur", précise-t-il. Ses sapins vont de 1,50 m à 1,75 m, la taille la plus populaire sur le marché.
Le cahier des charges de l’IGP impose des normes rigoureuses : les producteurs doivent s'assurer que leurs arbres ne présentent aucune imperfection visible. "Les sapins sous IGP auront également un coût légèrement supérieur, en raison de traitements spécifiques et du respect des délais de coupe", poursuit Bonoron.
Un défi d'unité et de qualité
Tout en soulignant les défis financiers et opérationnels de cette démarche, Bonoron est convaincu que l’IGP est une avancée pour la qualité du produit. "C'est un gage de qualité qui valorise non seulement nos efforts, mais aussi notre région. Nous prenons les devants pour protéger notre savoir-faire", déclare-t-il.
David Aribault, un autre producteur, a ressenti un engouement pour cette initiative, bien que certaines préoccupations demeurent. "Pour nous, cela représente un moyen de valoriser notre travail et de préserver le savoir-faire local, bien que cela implique des contraintes", souligne-t-il.
Pour l’instant, l’IGP reste en phase de lancement. Bonoron espère voir le nombre de producteurs augmenter significativement dans les deux à trois prochaines années. "Nous visons une trentaine d’acteurs dans le secteur", conclut-il. Cette belle initiative sera présentée au salon du sapin de Noël à Saulieu le 11 juin prochain.







