En août 1955, lors d'une novillada mémorable à San Sebastián, Don Severo fait une découverte qui va marquer l'histoire du toreo : Chamaco, un novillero qui, depuis son apparition dans les arènes de Barcelone en 1954, ne cesse de faire parler de lui. Ce jeune torero, dont la carrière a été fulgurante, a réalisé plus de 200 novilladas sans jamais passer par Madrid, établissant ainsi un record inégalé.
Chamaco n'est pas seulement un torero, c'est un véritable spectacle qui défie les conventions du toreo traditionnel. Selon Sud Ouest, son style peu orthodoxe, souvent qualifié d'anti-tauromachique, parvient à divertir le public. Certains le considèrent comme un cabot, jouant plus son rôle que le véritable art de la tauromachie. Lorsque le taurillon est clément, Chamaco n'hésite pas à faire un numéro de clown, utilisant des mimiques et des contorsions. Malheureusement, cette approche peut rapidement se transformer en confusion lorsque le taureau est plus difficile, mettant en évidence ses limites.
Ses performances, bien qu’accueillies par des applaudissements, amènent également leur lot de sifflets, signe que tous ne sont pas conquis par ce phénomène. L'un de ses combats, particulièrement marqué par des incidents, voit Chamaco victime d'une profonde blessure à la cuisse, ce qui amène une réaction passionnée du public pour exiger la remise de ses oreilles au prix de sa performance.
Contrairement à Chamaco, d'autres toreros de l'après-midi, comme Paquito Corpas, se sont illustrés par leur maîtrise et leur élégance. Corpas a su dominer des novillos robustes avec une technique soignée, contrastant ainsi avec l'erratique Chamaco, qui se contente d'un numéro de scène sans réelle connection avec l’art du toreo.
Cet article s'inspire de l'ouvrage "Un Siècle de corridas : les plus belles chroniques de Don Severo" qui compile les réflexions d'experts sur les évolutions du monde taurine.







