Ce jeudi, le Conseil Départemental de l'Éducation Nationale a pris des décisions cruciales concernant la carte scolaire pour la rentrée 2026 en Côte-d'Or, notamment la fermeture de 68 classes en raison d'une baisse d'effectifs scolaires. Mais un autre sujet brûlant préoccupent la région : l'augmentation des prix des carburants et des engrais, essentiels pour les agriculteurs.
Lors d'une annonce faite mardi 21 avril, Sébastien Lecornu, le ministre en charge de l'Économie, a dévoilé des mesures d'aide pour les agriculteurs et les « grands rouleurs », en réponse à la crispation autour des prix des carburants qui ont franchi la barre des 1,60 euros le litre. À partir de mai, les agriculteurs profiteront d'un coupon de 15 centimes par litre sur le gazole non routier (GNR). Cependant, des agriculteurs de la Côte-d'Or, comme Charles Potet, estiment que ces mesures sont loin d'être suffisantes.
Installé à Rouvres-en-Plaine, Charles Potet gère une exploitation de 240 hectares et a pu bénéficier de prix inférieurs en remplissant sa cuve de 10 000 litres avant la forte hausse des tarifs. « Je l'ai rempli au mois de février, à 64 centimes par litre. Je n'ai pas souffert des augmentations liées à la guerre au Moyen-Orient. On se dit que l'on a bien fait d'anticiper », explique-t-il.
Avenir incertain
Malgré ce coup de pouce, l'agriculteur reste inquiet. Avec seulement 3 000 litres restants avant la période de moisson, il craint que la demande en gazole explose alors que ces engins agricoles consomment des quantités énormes : « Une moissonneuse peut consommer jusqu'à 600 litres de GNR par jour. » Selon lui, les mesures du gouvernement sont insuffisantes pour pallier l'ensemble des difficultés du secteur. La météo et le changement climatique pèsent également sur les décisions des agriculteurs. « La pression est constante car il faut constamment évaluer où se situe le risque de perte ou de profit », nuance Potet.
À Dampierre-et-Flée, Fabrice Perdrix, qui gère une exploitation de 400 hectares, partage les mêmes préoccupations. « Il est de plus en plus difficile de naviguer dans cette incertitude. Les prix des céréales stagnent alors que nos coûts grimpent », souligne-t-il. Il observe quotidiennement les fluctuations des marchés, influencées par des facteurs aussi divers que les politiques américaines. Il note également que l'équilibre économique de son exploitation est menacé tant qu'il n’arrive pas à vendre ses produits à des prix dignes, malgré le coût élevé de production.
Ainsi, bien que des aides soient mises en place, l’impact des prix des matières premières, tels que les engrais et les carburants, reste préoccupant pour les agriculteurs de Côte-d'Or. La nécessité pour l’État de répondre à cette crise alimentaire est plus que jamais d'actualité.







