La situation prend une tournure préoccupante pour les routiers en Vaucluse. Plusieurs camionneurs ont récemment été victimes de siphonages de carburant, portant un coup dur à leurs finances. Selon les autorités, 20 incidents de vols de carburant ont été observés depuis le début de la guerre en Iran, le 28 février dernier. Bien que cela semble rester dans les normes, la majorité des vols se concentrent sur les aires d'autoroute de l'A7 et de l'A9. Avec les prix du carburant atteignant des sommets, chaque litre volé peut rapporter gros sur le marché noir.
Thomas, un camionneur de l'Ain, raconte son expérience : "Je me gare sur l'aire d'autoroute pour dormir, mais je reste vigilant. On m'a siphonné 200 litres de carburant pendant mon repos", explique-t-il, ajoutant que ses patrons recommandent de laisser les réservoirs ouverts pour éviter une perforation qui coûterait encore plus cher.
Gabriel, un routier de Haute-Saône, partage des expériences similaires : "Ils ont scié le réservoir de mon camion. Je ne fais plus le plein à fond, car cela permettrait aux voleurs de s'emparer de l'intégralité de mon carburant," déclare-t-il. Après trois décennies sur la route, il avoue n'avoir jamais vu de situation aussi alarmante. "Avant, les voleurs s'attaquaient aux marchandises. Maintenant, ils se contentent de siphonner le carburant," ajoute-t-il.
La conséquence? Avec un litre à près de deux euros, les vols de carburant deviennent une cible lucrative. Arnaud Boque-Lazdinis, commandant de l'Escadron de contrôle des flux (ECDF) de la gendarmerie, souligne que "ce ne sont pas des vols d'opportunité, mais des opérations coordonnées. Ils ont souvent des camions spécialement aménagés et une pompe pour siphonner rapidement le carburant," dit-il.
Pour faire face à cette menace, les gendarmes intensifient leurs patrouilles de nuit autour des aires de repos. Le commandant Boque-Lazdinis affirme : "Nous restons vigilants non seulement sur les autoroutes, mais également dans les zones artisanales." Les sanctions pour les voleurs sont sévères, impliquant jusqu'à trois ans de prison et des amendes pouvant atteindre 45 000 euros.







