Le khat (Catha edulis), également connu sous les noms de Qat ou Thé des Abyssins, est un arbrisseau de la famille des Célastracées. Ses feuilles, considérées comme des substances stupéfiantes, sont interdites en France, bien que leur consommation soit ancrée dans les traditions de la Corne de l'Afrique depuis des siècles.
Origines et culture du khat en Afrique orientale
Le khat est davantage connu par le biais de ses saisies policières que par ses propriétés botaniques. Dans les pays de la Corne de l'Afrique, il joue un rôle social essentiel lors de rassemblements culturels, où le partage des feuilles est une tradition bien établie. Cultivé dans les montagnes d'Éthiopie, du Soudan, du Yémen, du Kenya, de Somalie et de Djibouti, ce buisson peut atteindre jusqu'à deux mètres de hauteur.
Reconnaissable grâce à son écorce grise et rougeâtre et ses feuilles vert foncé, durables et dentées, le khat ne conserve ses propriétés actives que pendant une courte période après la récolte, ce qui rend son exportation compliquée. Les feuilles sont riches en flavonoïdes, tanins et surtout en cathinone, un alcaloïde aux effets psychotropes.
Usages sociaux et effets psychotropes
Documenté depuis le XIIIe siècle, le khat est traditionnellement consommé en groupe, presque exclusivement par les hommes. Les réunions pour « broutage » se tiennent souvent l’après-midi, servant des occasions sociales de partage et d'échange, notamment lors d’événements tels que des mariages ou des naissances.
La mastication du khat nécessite une certaine technique : les consommateurs accumulent les feuilles pendant plusieurs heures, la sensation d'euphorie se manifestant progressivement. Parmi les effets recherchés, on trouve une augmentation de l'énergie et du bien-être, toutefois suivie d'une baisse de moral potentiellement déprimante.
Problématiques liées à la consommation de khat
Les jeunes feuilles, particulièrement fraîches, sont celles que l’on mastique. Bien que la consommation de khat puisse temporairement diminuer la fatigue et la faim, elle a un coût social : les revenus des familles sont souvent grevés par l'achat régulier des feuilles.
En France, le khat est catégoriquement interdit. Selon l'article L3421-1 du Code de la Santé Publique, sa possession entraîne des sanctions pouvant aller jusqu'à 3750 euros d'amende et un an de prison. La loi punit également tout encouragement à son utilisation et son trafic, avec des peines sévères allant jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle.
(crédit photo : Malcolm Manners - CC BY 2.0)







