Des étudiants russes sont actuellement ciblés par des offres séduisantes pour intégrer les unités de drones combattants en Ukraine. Selon des documents obtenus par Reuters, les incitations financières jouent un rôle clé dans cette démarche. Plusieurs entreprises dans la région de Riazan, au cœur du pays, ont reçu des quotas pour recruter des employés destinés à soutenir l'armée.
Cette initiative arrive à un moment où les forces russes peinent sur le terrain, alors que les discussions de paix, supervisées par les États-Unis, stagnent du fait des tensions croissantes en Iran.
Il paraît que Moscou cherche à diversifier ses investissements dans les ressources humaines pour compenser les pertes militaires, mais sans opter pour une mobilisation générale, ce qui ne figure pas dans les priorités du Kremlin. Des responsables affirment également que le pays ne manque pas de nouvelles recrues, malgré les déclarations ukrainiennes, qualifiées de fausses par Moscou, suggérant que l'armée russe est en déclin.
Des compétences techniques en plein essor
Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité, a confié aux médias que le programme de recrutement continue d'attirer de nombreux volontaires, avec plus de 400.000 engagés l'année précédente et plus de 80.000 depuis le début de cette année. Pourtant, cibler les étudiants indique une volonté manifeste d'amener une main-d'œuvre qualifiée au sein des unités de drones, reconnues pour leur importance croissante dans ce conflit devenu une lutte d'usure intense.
Les opérateurs de drones, bien que généralement distants du front, sont des cibles stratégiques. Ainsi, l'Université fédérale d'Extrême-Orient à Vladivostok attire les étudiants en leur promettant un congé académique renouvelable en plus d'une exonération de frais scolaires, s'ils s'engagent pour un an. Ils bénéficieront également d'un logement gratuit, de bourses d'études et d'une prise en charge des équipements militaires. Le salaire pour la première année atteint 5,5 millions de roubles (68.433 dollars), accompagné d'une prime de 2,5 millions de roubles après la formation, ainsi que d'une allocation mensuelle de 240.000 roubles.
Une telle offre, jugée attrayante selon les normes locales, se positionne comme une opportunité exceptionnelle pour un développement professionnel. « Cela représente une plateforme unique pour évoluer socialement et professionnellement », indique l'université dans une déclaration datée du 19 mars.
Les compétences en drone, une nouvelle nécessité
De manière similaire, l'Université d'État de génie civil de Moscou met en avant de grandes incitations économiques, invitant les étudiants à devenir opérateurs de drones ou ingénieurs. L'Université d'État russe d'hydrométéorologie de Saint-Pétersbourg encourage aussi ses élèves à participer à ce recrutement, promettant un salaire de 7 millions de roubles (87.000 dollars) par an pour les opérateurs de drones.
Des sources indiquent, bien que cela reste à confirmer, que des quotas de recrutement ont été attribués aux universités. Cette campagne pour attirer les étudiants s'inscrit dans un contexte où des affichages mettent en avant un jeune opérateur de drone, surnommé « les nouveaux indispensables ».
En parallèle, Pavel Malkov, gouverneur de Riazan, exige des entreprises, publiques et privées, la mise en place de quotas de recrutement pour des travailleurs s'engageant auprès du ministère de la Défense. Tel que stipulé dans son décret, les entreprises de plus de 500 employés sont tenues de fournir cinq recrues, celles de 300 employés doivent en fournir deux, tandis que celles de 500 employés en fournissent trois.







