Une inflation en repli… mais sur des postes déjà amortis
La baisse récente de l'inflation touche principalement l’énergie et les produits manufacturés, deux domaines ayant connu une forte hausse ces dernières années. En mars 2025, les coûts énergétiques ont chuté de -6,6 % sur un an, notamment grâce à une stabilisation des prix du gaz et de l'électricité. Toutefois, cette baisse ne compense pas les augmentations précédentes. Les prix demeurent élevés pour des produits essentiels tels que l’alimentation et les services, des piliers du quotidien des ménages.
L'alimentation continue d'augmenter, avec une hausse de +2,3 % sur un an, principalement pour les produits transformés, les fruits et les produits laitiers. Les coûts des services (santé, assurances, transports) augmentent également, affichant une hausse d'environ +3 %, due à l'indexation automatique de nombreux contrats sur l'indice des prix.
Des salaires qui peinent à suivre
Bien que les prix ralentissent, les salaires n’ont pas comblé le retard accumulé. Selon les statistiques de la DARES, le salaire moyen net a crû de 2,1 % en 2024, un chiffre largement insuffisant face à l'inflation de la même période. En conséquence, le pouvoir d’achat réel des Français reste affaibli.
Malgré une apparente stabilité économique, de nombreux foyers rapportent des marges de manœuvre limitées. Une étude d’OpinionWay pour Cofidis indique que 72 % des Français ont réduit leurs dépenses alimentaires, et près de la moitié d'entre eux déclarent renoncer à certains soins médicaux ou à des vacances.
Les dépenses contraintes étouffent les budgets
Un aspect souvent négligé par les statistiques réside dans l'augmentation des dépenses contraintes : loyers, abonnements, assurances, carburant, etc. En 2025, elles représentent en moyenne 36 % du budget des ménages modestes, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Alors que l'inflation ralentit, ces coûts demeurent écrasants, étant difficilement ajustables, contrairement aux dépenses de loisirs. C'est précisément dans ces secteurs que les consommateurs réduisent leurs dépenses.
Un sentiment d’écart croissant entre indicateurs et vécu
Pour de nombreux Français, un décalage persistant existe entre les annonces macroéconomiques et leur réalité quotidienne. Ce phénomène engendre une méfiance à l'égard des chiffres officiels, perçus comme déconnectés de leurs préoccupations. Lorsque les institutions évoquent la désinflation, les ménages ressentent plutôt des sacrifices.
La situation est d’autant plus préoccupante avec une faible visibilité sur l'avenir : si les prix énergétiques diminuent, leur stabilité à moyen terme n'est pas garantie. De plus, la hausse des taux d’intérêt complique la situation pour de nombreux foyers avec des crédits immobiliers.







