Les femmes bénéficient d’une espérance de vie supérieure de près de six ans par rapport aux hommes. En théorie, elles devraient profiter longtemps de leur retraite. Pourtant, à l’heure de la cessation d’activité, de nombreuses mères de famille constatent que leur situation est moins favorable que celle des hommes. En effet, elles doivent souvent travailler plus longtemps pour espérer une pension adéquate. La réalité est que les femmes bénéficient de pensions de retraite sensiblement inférieures à celles de leurs homologues masculins. Cette disparité découle principalement d'une carrière souvent interrompue par des congés maternité, des congés parentaux, ou encore le choix de travailler à temps partiel pour s'occuper des enfants. En outre, les inégalités salariales durant leur parcours professionnel participent à leur désavantage à la retraite.
Obligation de travailler plus longtemps
Selon un rapport de la Direction de la recherche, de l’évaluation et des statistiques (Drees), les femmes partent à la retraite en moyenne à 63 ans, contre 62,3 ans pour les hommes. Ce délai supplémentaire s'explique en partie par des carrières incomplètes liées à la maternité.
Heureusement, les mères de famille peuvent bénéficier de dispositifs de validation de trimestres pour maternité et éducation, mis en place depuis les années 70. Ces dispositifs permettent d'obtenir jusqu'à huit trimestres supplémentaires par enfant, répartis en quatre pour la maternité et quatre pour l'éducation, selon certaines conditions.
Il est important de noter que la majoration pour maternité est automatiquement attribuée à la mère biologique, tandis que les trimestres pour adoption et éducation peuvent être partagés entre les deux parents. De plus, ceux qui prennent un congé parental peuvent également bénéficier d’une majoration de leur durée d'assurance, bien qu'il soit impossible de cumuler ces droits pour le même enfant.
Pensions de retraite : un écart alarmant
D'après le dernier rapport de la Drees, la pension de retraite brute moyenne des femmes s’élève à 1 268 euros par mois, contre 2 050 euros pour les hommes. Bien que les mères ayant trois enfants ou plus puissent bénéficier d'une majoration de 10 %, l'écart persiste. En moyenne, les femmes reçoivent une pension 38 % inférieure à celle des hommes, avec une surreprésentation parmi ceux touchant des montants faibles.
Ces inégalités s'expliquent par des carrières souvent incomplètes et par des salaires moins élevés pour des emplois similaires. Les femmes occupent majoritairement des postes moins rémunérateurs dans des secteurs tels que le ménage ou le soin, et plus d’une femme sur quatre travaille à temps partiel, contre moins de 10 % des hommes. Cette situation est aggravée par le fait que de nombreuses femmes, notamment des mères, souhaitent travailler davantage, mais n’ont pas l’opportunité de le faire. La conséquence est proportionnelle : un travail à temps partiel signifie des revenus moins élevés et, par conséquent, moins de cotisations pour la retraite.







