Que vous choisissiez de commencer un compost chez vous, sur un balcon, ou de partager un compost avec des voisins, des règles s’appliquent. Ne pas jeter ses épluchures à la poubelle est un geste écologique qui réduit les déchets destinés à l'enfouissement ou à l'incinération.
Compter sur la communauté: On parle de compostage de proximité, pouvant collecter jusqu'à 52 tonnes de déchets de cuisine par an, soit l’équivalent de la production de 400 à 500 familles (article 17 du JO n° 0095 du 24 avril 2018).
emplacement : privilégiez le bon sens
Un compost peut être installé dans divers lieux, publics ou privés, avec l’accord du propriétaire (mairie, bailleur, conseil syndical). Optez pour un coin ombragé, à l’abri du vent, mais aussi facilement accessible. Évitez d’installer votre compost sous les fenêtres de voisins. Si un voisin y a vue, discutez avec lui du rendu visuel souhaité.
À retenir : Pour se conformer à une réglementation passée, une distance minimum de 200 mètres des habitations est demandée. Cependant, une simple déclaration à la mairie peut vous en affranchir.
modèle partagé : un projet à coordonner
Avant de vous associer avec des voisins, visitez un compost déjà opérationnel et discutez avec ceux qui le gèrent. Assurez-vous d’avoir suffisamment de volontaires et formez une petite équipe pour mener à bien le projet. Identifiez l’entité responsable des déchets dans votre secteur pour un bon suivi.
À garder à l’esprit : Si le lieu choisi se trouve en copropriété, ne ratez pas l’assemblée générale pour répondre aux questions et obtenir l'approbation.
seul ou en groupe ?
Bien que chacun puisse s’initier au compost, il est judicieux de bénéficier d’un accompagnement. Certaines collectivités offrent des « maîtres-composteurs » pour aider les débutants, ou financent des services d'experts (diagnostic, conseils, formation).
Information utile : Sur Reseaucompost.org, le Réseau compost citoyen vous permet de localiser des entreprises ou associations près de chez vous.
anticiper les objections
Anticiper les craintes d’un voisin sceptique à propos des odeurs ou des nuisibles peut éviter des conflits. En réalité, un compost bien entretenu est inodore et n’attire pas de nuisibles. Offrez-lui d’être un « contrôleur » du projet pour qu'il puisse signaler tout incident, comme le suggère Jérôme Sandier de DM Compost.
choisir le bon matériel
Pour un particulier: Optez pour un lombri-composteur, adapté aux petits espaces, même sur un balcon. Pour ceux avec un jardin, un compost traditionnel sera parfait.
Pour un compost partagé: Le matériau du composteur est optionnel, mais il ne doit pas dépasser 80 cm de haut pour garantir l’accès à tous. Pour une vingtaine de foyers, privilégiez trois bacs traditionnels de 600 litres chacun pour la gestion des déchets.
considérations budgétaires
Prévoyez environ 500€ pour le matériel d’un compost partagé de taille modérée. L'accompagnement par un professionnel pour le lancement et l’accompagnement de la première année peut atteindre 1.000€. De nombreuses collectivités proposent des aides qui couvrent en totalité ou partiellement ces coûts durant la première année.
les 4 engagements à respecter
- Afficher clairement le nom des responsables sur le site.
- Former une personne aux bonnes pratiques du compostage, via des ressources en ligne comme YouTube ou l’Ademe.
- Assurer un approvisionnement adéquat en matière sèche.
- Tenir un registre de suivi des opérations : démarrage, aération, retournement, collecte.
le point de vue de l'expert
Jérôme Sandier, directeur général de DM Compost, partenaire du Réseau compost citoyen (RCC).
« Le compost partagé est surtout une aventure humaine. Cela crée des liens entre voisins et peut se traduire par des événements conviviaux, comme des apéros-compost. Lors de nos interventions, nous valorisons autant le sourire et l’écoute que la compétence technique, pour trouver ensemble des solutions. »







