Dans un climat économique « particulièrement exigeant », le groupe Nosoli, administrant les librairies Furet du Nord et Decitre, a annoncé ce mardi sa demande pour un redressement judiciaire. Cette action, qui pourrait déboucher sur des licenciements, devrait être examinée par le tribunal de commerce de Lille Métropole à partir du 1er juin.
Nosoli, qui emploie environ 600 personnes à travers ses 27 points de vente, voit ses opérations menacées, avec 18 librairies Furet du Nord principalement dans le Nord et le Pas-de-Calais, ainsi que 9 librairies Decitre, surtout en Rhône-Alpes.
« Les pertes se creusent au fur et à mesure des mois »
Franck Brunet, représentant CFDT de l'enseigne, a teinté ses propos d’inquiétude lors d'un comité extraordinaire à Tourcoing, affirmant : « Les pertes se creusent au fur et à mesure des mois ». Il a signalé une rupture à partir de décembre et un début d'année 2026 particulièrement difficile. Toutefois, il a tempéré ses propos en rajoutant : « On va sur un chemin assez escarpé, mais on est toujours vivant ».
Le marché des biens culturels est aujourd'hui plongé dans une crise sans précédent, entraînant une compression des marges et une baisse des volumes de vente de près de 15 % depuis 2021, comme l’a précisé Nosoli dans son communiqué. L’évolution du pouvoir d’achat et la transformation des modes de consommation n’ont fait qu'accentuer cette fragilité.
Des restructurations déjà amorcées en 2024
En réponse à cette crise, Nosoli a déjà mis en œuvre plusieurs stratégies visant à diversifier ses activités, par exemple en rééquilibrant les ventes entre livres et produits connexes (jeux, papeterie, loisirs créatifs) et en renforçant son implantation numérique. Malgré ces efforts, le groupe a dû se résoudre à cette demande de redressement judiciaire, en raison d'une dégradation du marché plus rapide que prévue depuis le début de l'année.
Malgré ces difficultés, Nosoli a enregistré un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros en 2025 et assure que ses opérations continueront normalement durant la procédure de redressement judiciaire. En 2024, le groupe avait déjà supprimé 50 postes et fermé plusieurs librairies en France, témoignant ainsi d'une restructuration déjà engagée.







