Chaque année, plus de 500 000 tonnes de nourriture sont gaspillées dans les cantines scolaires françaises. Face à ce problème crucial, la région des Pays de la Loire a lancé une initiative innovante en intégrant l'intelligence artificielle (IA) dans la gestion des repas dans les établissements scolaires.
Dans le cadre de cette expérimentation, trois bornes équipées de caméras 3D ont été installées dans des réfectoires. Ces dispositifs permettent de mesurer les déchets alimentaires laissés par les élèves après leurs repas. Au lycée Paul Scarron de Sillé-le-Guillaume, par exemple, les étudiants sont désormais encouragés à passer leur plateau sous une de ces bornes avant de quitter la cantine, transformant ainsi une tâche habituelle en une prise de conscience collective sur le gaspillage.
Clovis, un lycéen de Terminale, confie : "Je faisais déjà attention à ne pas gaspiller, mais je pense que les autres commencent aussi à prendre l'habitude de ne pas jeter trop de nourriture". Cetteμέthode donne aussi aux responsables de la restauration la possibilité d'analyser les restes alimentaires. Carine Drouet, responsable de la restauration, indique : "Nous pouvons identifier les plats qui se retrouvent souvent avec peu de restes, ce qui nous aide à ajuster les menus".
Les données recueillies par ces bornes sont ensuite envoyées pour analyse. L'intelligence artificielle permet non seulement de quantifier le gaspillage, mais aussi de comprendre les préférences alimentaires des élèves. Par exemple, les lentilles, souvent laissées de côté, peuvent être remplacées ou adaptées pour réduire le gaspillage, souligne Drouet.
En moyenne, les élèves des cantines de la région gaspillent seulement 30 grammes de nourriture par repas, bien en dessous de la moyenne nationale de 60 grammes. Cependant, ce chiffre reste perfectible, reconnaît Gilles Ligot, conseiller régional. Il explique : "Il y a une grande diversité entre les établissements, certains étudiants gaspillent jusqu’à 10 grammes, tandis que d'autres sont loin de cette performance".
Reste à faire le point sur ces innovations à la fin de l'expérimentation, prévue dans deux semaines. Si elle rencontre le succès escompté, cette démarche pourrait bien inspirer d'autres régions à l’échelle nationale.
Ce projet témoigne d'une volonté claire : utiliser les technologies modernes pour non seulement améliorer l'expérience des repas en cantine, mais également pour changer les habitudes alimentaires des jeunes générations.
Reportage de Sophie Hériaud, Charles Proult et Dominique Le Brun, France 3 - Pays de la Loire







