À partir du 23 juin, la seconde phase des travaux de consolidation du pont de pierre commence, et les commerçants des rives de Bordeaux sont, cette fois-ci, plus confiants qu’en 2025, marquée par des perturbations massives dues à des chantiers simultanés sur les tramways. Le programme de travaux en cours est essentiel pour la sécurité de l’édifice qui enjambe la Garonne, mais il demeure un sujet délicat pour les professionnels locaux.
Houda El Moumouhi, à la tête de Roze Kitchen, se montre optimiste : « Je suis persuadée que les nouvelles mesures de circulation permettront de limiter les impacts négatifs de ces travaux sur notre activité, surtout avec le maintien des lignes desservant la gare. » Sa voisine du Cabanon Marin, Mawuena Manthe, partage cette pensée, bien qu’elle reste prudente après avoir dû faire face à une perte mensuelle de 35 000 euros en 2025 en raison des perturbations. Elle souligne les conséquences encore présentes qui affectent leur chiffre d’affaires.
Les commerçants de la rive droite, comme ceux du La Petite Savoie, ont également ressenti l’impact des chantiers passés. Hervé Lebrun atteste que les revenus ont chuté jusqu'à 80 % durant les travaux, se révélant insuffisants pour compenser le préjudice subi.
Une légère compensation a été accordée par Bordeaux Métropole, mais cette indemnisation reste jugée insuffisante par les commerçants, qui ont souvent dû gérer seuls leurs pertes. « Les mois d’été sont cruciaux pour notre survie, et même si ce nouveau chantier est moins pénalisant, je crois que l'ensemble du secteur souffre encore des conséquences des travaux précédents, » affirme Mawuena.
En réponse aux préoccupations des commerçants, Bordeaux Métropole a assoupli les conditions d’indemnisation, permettant ainsi de traiter certaines demandes. Toutefois, la présidente de Sud Ouest rapporte que des difficultés persistent, les quantités prises en compte étant souvent inférieures aux pertes observées.
Les incertitudes demeurent concernant la fréquentation. Thomas Lucas du Wasabi Café met en avant que la fermeture du pont aura inévitablement un impact sur sa clientèle. « Nos affaires dépendent du flux inter-rives, » indique-t-il, rappelant que l'année précédente, il avait enregistré une perte de 100 000 euros directement liée aux chantiers.
Alors que le retour des travaux est imminent, les commerçants espèrent une communication claire pour naviguer ces mois d’épreuves. « Absente jusqu’à présent, la communication quant aux événements à venir est primordiale pour maintenir notre attractivité, surtout en période estivale, » conclut Mawuena Manthe.







