L’insalubrité à Bagnols-sur-Cèze empoisonne le quotidien d’un quartier résidentiel. Les nuisances causées par un voisin accumulant déchets et rongeurs deviennent insupportables pour les habitants.
"Nous n’en pouvons plus". Ce cri du cœur est lancé par Martine Coat, Myriam Lassia et Katina Ieremiadis, toutes résidents de l’avenue de la Mayre à Bagnols-sur-Cèze. Bien que leur quartier semble tranquille, la réalité est tout autre : l’insalubrité générée par un voisin est devenue "insupportable" ces dernières années.
Les riveraines témoignent d’une accumulation alarmante de déchets non seulement à l'intérieur mais aussi autour de la maison du voisin problématique. "Des aliments en décomposition s’entassent. Un jour, il y avait un tas de pain rassis mouillé par la pluie. C’est devenu une véritable décharge", déplorent-elles. Cette situation entraîne des odeurs nauséabondes et la présence de nuisibles, notamment des rats.
Quels impacts au quotidien pour les riverains ?
Martine Coat raconte sa profonde inquiétude : elle ne laisse plus son petit-fils de 20 mois jouer dans le jardin depuis qu’il a développé des " boutons et plaques", diagnostiqués par plusieurs médecins comme étant liés à l’urine de rat. "Je ne peux même plus profiter de mon extérieur", confie-t-elle. Elle a déjà trouvé des rats, "vivants et morts", près de chez elle.
Myriam Lassia ajoute avoir rencontré un rongeur si gros dans sa cuisine qu’elle a dû installer un grillage à poule pour sécuriser ses fenêtres. De plus, elle explique avoir contracté des piqûres de puces et de punaises de lit après avoir été chez son voisin, la contraignant à jeter tous ses vêtements et matelas, déplorant "Ce n’est pas une vie".
Un combat administratif depuis 2024
Face à cette situation, les riverains, unis en collectif, ont alerté les autorités en adressant un courrier à la mairie fin 2024. Ils réclamaient une intervention pour "assainir" la maison et un suivi des services sociaux. Une réunion initiale s’est tenue en janvier 2025, suivie d’une seconde où le voisin a promis de vider sa piscine, mais les actions n’ont pas suivi. En juin dernier, malgré les promesses, "rien n’a changé", déplorent-les.
Les attentes auprès de la nouvelle municipalité
Le collectif a récemment contacté la nouvelle équipe municipale, élue en mars. "Ils nous ont appelé suite à un courrier, mais nous attendons des actions concrètes", affirme la porte-parole. L’objectif est d’obtenir une solution coordonnée pour assainir la maison et soutenir le voisin concerné. "Nous en avons assez de discussions, nous voulons des actes", ajoutent-elles, soulignant le coût financier et moral de cette situation. En attendant, "on en fait des cauchemars", conclut Katina.
Une visite le 1er juillet pour évaluer la situation
La commune a confirmé avoir reçu le dossier fin 2024. La maire Pascale Bordes a indiqué que, malgré l’absence de traces dans les archives, une lettre de mise en demeure a été envoyée à l’occupant de la maison. Une visite est programmée pour le 1er juillet afin d’évaluer l’état des lieux. Si aucune action n’est notée, une saisine du préfet sera envisagée pour engager une procédure de nettoyage.







