Jacqueline Jacob, désignée comme le principal corbeau dans l’affaire Grégory, a été mise en examen en octobre 2025. Face aux accusations pesant sur elle, elle a exprimé son incompréhension lors de son audition face au juge Dominique Brault : "Je n’ai jamais écrit de lettre. Je n’ai jamais téléphoné. Jamais à personne", a-t-elle déclaré, cherchant à maintenir son innocence.
Aujourd'hui, à 81 ans, elle remet en question cette décision judiciaire en demandant l'annulation de sa mise en examen. Ses avocats ont soumis deux requêtes à cet effet au parquet général de Dijon. La première a été déposé le 7 avril, demandant l'annulation pure et simple de sa situation juridique.
Une mise en examen fondée sur des expertises controversées
Jacqueline Jacob soutient qu'elle n'a pas eu la possibilité de défendre correctement sa cause lors des débats précédant sa mise en examen en avril 2025. Ses avocats affirment qu'elle n'a pas pu "s'expliquer complètement" lors de son audition. En réponse, le parquet général de Dijon a confirmé que sa requête sera examinée par la chambre de l’instruction de la cour d’appel prochainement.
Le dossier de l'affaire Grégory, qui remonte à des décennies, reste un mystère judiciaire complexe. Le corps de l'enfant a été retrouvé en 1984, et malgré les années, les investigations n'ont pas conduit à une résolution définitive. Selon des sources judiciaires, Jacqueline Jacob aurait été mise en examen en raison de sa réputation de corbeau parmi les membres de la famille Villemin, renforcée par des analyses graphologiques et stylométriques.
Ces analyses établiraient un lien entre elle et les lettres anonymes envoyées à la famille, y compris des messages de revendication de l’acte criminel. Pourtant, elle persiste à nier les accusations, arguant auprès des enquêteurs que l'expertise est erronée.
Le risque de prescription
Cette nouvelle contestation n’est pas la première pour Jacqueline Jacob, qui avait déjà été mise en examen en 2017 avant de voir cette mesure annulée pour vice de procédure. Cette fois, elle et son équipe juridique évoquent également le risque de prescription concernant les faits reprochés. Ils soutiennent que les actes en question sont délictueux et non criminels, ce qui serait synonyme de prescription, rendant la mise en examen caduque.
Philippe Astruc, procureur général de Dijon, a lui-même reconnu qu'il existe un "risque juridique" autour de cette question, laissant ainsi les magistrats dans l’incertitude. Alors que l'affaire continue de hanter la famille Villemin et d'intriguer l'opinion publique, l'attente d'une décision judiciaire se fait pressante.







