Soupçonnée d'être le "corbeau" ayant revendiqué, il y a plus de 40 ans, le meurtre de Grégory Villemin, Jacqueline Jacob, la grand-tante de l'enfant, a déposé deux requêtes visant à annuler sa mise en examen pour "association de malfaiteurs criminelle". Négation des faits et comptabilité juridique sont au cœur du dossier.
Selon l'AFP, cette démarche a été confirmée par ses avocats le 15 avril 2026. Les requêtes sont adressées à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon, qui doit statuer sur la recevabilité de ces demandes. Les avocats de Jacob affirment que les faits pour lesquels elle a été mise en examen relèvent d'une infraction délictueuse, désormais prescrite.
Lors de l'audition qui a conduit à sa mise en examen le 24 octobre dernier, cette femme de 81 ans a fermement contesté les accusations, déclarant : "Je n'ai jamais écrit de lettre. Je n'ai jamais téléphoné. Jamais à personne." Cette position témoigne de sa volonté de se distancer des allégations qui pèsent sur elle.
Des analyses d'écriture controversées
Jacqueline Jacob est impliquée dans une affaire tristement célèbre : Grégory Villemin, retrouvé noyé en 1984 à seulement quatre ans. Les suspicions à son égard émanent, entre autres, d'analyses graphologiques qui auraient établi un lien entre elle et certaines lettres anonymes, dont une revendiquant le meurtre. Pour l'heure, l'identité d'autres corbeaux reste floue, mais une expertise mentionne jusqu'à cinq auteurs possibles.
Le magistrat en charge de l'affaire se base sur ces réputées analyses d'écriture pour justifier la mise en examen de Jacob. Malgré cela, elle reste catégorique, dénonçant une "erreur d'expertise" sans équivoque.
Un passé juridique tumultueux
Les avocats de Jacob, dont Me Stéphan Giuranna, soulignent que cette mise en examen, qualifiée de "légère", ne devrait pas avoir de répercussions. Un précédent, en 2017, avait déjà vu Jacob mise en cause pour "enlèvement et séquestration suivie de mort" ; celle-ci avait été annulée l'année suivante pour vice de forme, laissant planer des doutes sur la rigueur des procédures judiciaires à son encontre.
Pour l'heure, bien que le parquet général de Dijon n'ait pas encore émis de commentaire, l'affaire continue de susciter de vives réactions dans l'opinion publique et la sphère médiatique, témoignant d'un intérêt persistant pour une affaire non résolue qui continue de hanter les Vosges.







