Pendant près de vingt ans, une petite commune du Morvan a été le théâtre d'un véritable cauchemar. Un homme, mystérieusement surnommé "le corbeau du Morvan", a fait vivre à des habitants l'angoisse de lettres anonymes chargées d'insultes et de menaces. Après avoir semé la psychose, il a finalement été identifié par ses voisins et condamné le 1er juin dernier à un an de prison avec sursis. Les témoignages des victimes révèlent un traumatisme profond.
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Cette saga cauchemardesque a commencé avec des courriers obscènes, perturbant l'intimité de nombreux habitants. Valérie Bernadat, l'une des premières victimes, raconte sa stupeur après avoir ouvert l'une de ces lettres. "C'était insupportable. Qui m'en veut à ce point pour écrire de telles horreurs ?", se souvient-elle avec émotion.
Un climat de psychose
Qui était véritablement l'auteur de ces écrits? Valérie, vite paralysée par la peur, décide de porter plainte. "La première lettre était déjà assez inquiétante, mais la suite a amplifié ma terreur : 'Je reviendrai', disait l'auteur. On sentait qu'une ombre rôdait autour de nous", partage-t-elle. Dans ce petit coin de campagne, la surprise a laissé place à l'angoisse. La plupart des victimes, effrayées par d'éventuelles représailles, n'osent pas sortir de l'isolement. Une autre victime, qui a souhaité garder l'anonymat, confie : "On ne s'attend jamais à ce genre de chose dans une petite ville. Jusqu'où peut aller cette personne ? Que veut-elle vraiment ?"
Profil de l'agresseur dévoilé
Finalement, après une enquête minutieuse, le corbeau est identifié : un agriculteur de 67 ans. À la gendarmerie, il attribue son comportement à des traumatismes liés à son enfance et à des problèmes d'alcool. Loin de se montrer coopératif, son avocate a refusé de discuter avec les journalistes, affirmant : "Il n'y a rien à comprendre, ça ne vous regarde pas."
Gilles Martin, ancien camarade de classe du corbeau, témoigne d'une expérience directe avec les courriers déstabilisants. "Je reçois des lettres me liant aux femmes de mes amis, des messages censés créer le trouble. J'ai même été agressé dans la rue à cause de cela", explique-t-il, visiblement encore marqué par cette expérience.
Condamné à un an de prison avec sursis et interdit d'entrer en contact avec ses victimes, le corbeau pourrait désormais retourner chez lui, dans ce village qu'il a tant perturbé. La communauté se remet lentement de cette période sombre, mais les cicatrices restent béantes.







