Ce mercredi 3 juin, le tribunal judiciaire de Dijon a prononcé une peine de trois ans de prison ferme contre Walid Kenef, un homme d'origine algérienne, pour son rôle dans une agression homophobe. En plus de sa peine de prison, il se voit interdire de séjour en France pendant dix ans. Kenef a nié avoir commis les faits qui lui sont reprochés, mais la victime, un homme de 65 ans, traumatisé par l'incident, porte encore les marques de cette violence.
Les événements se sont déroulés le 18 avril dernier, lorsque la victime, Monsieur B., a été retrouvée ligotée au sol par des voisins alertés par ses cris. Quatre hommes ont fui les lieux après avoir agressé le sexagénaire, qui avait accepté de rencontrer une personne sur une application de rencontre pour gays. Malheureusement, l'homme avec qui il discutait s'est avéré être un prédateur, entraînant un guet-apens typique de ce phénomène de violence ciblée.
La nuit de l'agression, Monsieur B. a échangé des messages avec un individu sur Grindr, mais une fois l'adresse donnée, le profil a été supprimé. À son arrivée, l'agresseur s'est montré sympathique avant de devenir violent après avoir appelé ses complices.
Un acharnement
Une fois entrés, les agresseurs ont ligoté le sexagénaire avec du scotch, lui ont infligé des coups, l'ont menacé avec un couteau et ont même écrasé ses testicules. Monsieur B. a pu crier à l'aide, ce qui a alerté des voisins qui sont intervenus, permettant ainsi de voir le visage de Walid Kenef, un des agresseurs, qui ne portait pas de masque. Ce dernier a été interpellé par la police quelques instants après l'agression.
Erreur sur la personne
Des éléments de preuve accablants ont été présentés au tribunal, dont un pull de la même couleur que celui porté par l’agresseur et un pot de tabac que les voisins avaient vu emporter. Walid Kenef a nié toute implication, son avocate, Maître Boyer, plaidant pour son innocence, a soutenu qu'il s'agissait d’une erreur sur la personne.
Malgré ces dénégations, le tribunal a statué en faveur de la culpabilité de Kenef, lui infligeant une peine adéquate. Les avocats de la victime, dont Maître Geslain, ont exprimé leur satisfaction quant à la sévérité de la peine, qualifiant l'agression d'extrêmement violente et traumatisante pour Monsieur B., qui vit désormais dans la peur.
Une vie qui bascule
À la suite de cette agression, Monsieur B. se retrouve isolé, craignant de sortir de chez lui et s'étant même excusé d'être homosexuel devant son avocate, une situation qu'elle a qualifiée de « monde à l'envers ». Actuellement, il est en proie à une profonde anxiété et des troubles de stress post-traumatique.
Cette affaire n'est pas isolée : au moins trois autres agressions homophobes ont été signalées à Dijon en avril, soulignant une inquiétante tendance. Le Centre LGBTQIA+ de Dijon, ouvert récemment, offre son soutien juridique aux victimes, témoignant de l’urgence d’une prise en charge adéquate dans de tels événements.







