Un élève du lycée Germaine Tillion à Montbéliard a été jugé le jeudi 4 juin 2026. Ce jeune majeur, impliqué dans des échauffourées avec les forces de l'ordre lors de manifestations, a écopé de quatre mois de prison avec sursis pour avoir agressé des policiers de la BAC. Cette décision fait suite à une série de mobilisations parmi les élèves, qui protestent contre l'état de leur établissement.
Le substitut du procureur, Frédéric Muyle, a souligné que ces événements se sont produits en corrélation avec la victoire du PSG en Ligue des champions, un écho des tensions sociales actuelles. Le tribunal correctionnel de Montbéliard a examiné le dossier d'un des premiers jeunes arrêtés après les manifestations, survenues à la suite d'une mobilisation massive le 22 mai dernier.
Le lycéen condamné avait été interpellé pour avoir lancé des cailloux et des œufs sur des policiers. L'avocat de la défense, Me Éric Roland, a plaidé que la voix des élèves, qui cherchent à exprimer leur mécontentement sur la vétusté de leur école, est déformée par ces violences. Il a questionné la qualification du jeune comme étant un "casseur", étant donné le contexte chaotique après l'utilisation de gaz lacrymogènes.
Une tomate pour "encas", pas pour lancer sur les policiers
Le tribunal a également questionné le jeune homme sur des objets retrouvés pendant son arrestation, notamment une tomate et un plomb en fer. Ce dernier a tenté d'expliquer qu'il avait simplement l'intention de grignoter la tomate. La présidente du tribunal, visiblement agacée, a rétorqué : "N'essayez pas de me prendre pour une débile profonde, s'il vous plaît." Toutefois, le lycéen a affirmé avoir des membres de sa famille dans la police et a insisté sur sa présence au mauvais endroit, au mauvais moment.
Un procès entre deux épreuves du bac
À peine âgé de 18 ans, et avec un casier judiciaire vierge, le jeune homme se retrouve devant le tribunal au lendemain de sa première épreuve du baccalauréat. Prévu pour poursuivre un BTS après le lycée, il a été condamné à une peine légèrement inférieure à celle requise par le parquet. Il a été reconnu coupable de violences ayant entraîné une incapacité totale de travail de deux jours et devra également verser 2.800 euros de dommages et intérêts aux policiers victimes de son agression.
Les deux autres élèves arrêtés lors même de la manifestation, âgés de 16 ans, seront jugés devant le tribunal pour enfants. Ce procès s'inscrit dans un climat de tensions récurrentes autour des lycées français, comme le souligne plusieurs médias locaux.







