Il aura fallu plus de trois décennies pour que justice se mette enfin en marche dans l'affaire de Corinne Di Dio, une tragédie qui a laissé la France sous le choc. Marie-Thérèse Garcia, surnommée « Ma Dalton », est désormais jugée par la cour d'assises des Yvelines pour son implication présumée dans le meurtre, l'enlèvement et la séquestration de la victime.
Corinne Di Dio a été retrouvée le 28 juin 1995, démembrée dans une malle flottant sur la Seine. Ce n’est qu’en 1997, grâce à des analyses ADN, que son identité a été confirmée. Le rapport d’autopsie montrait des signes de violence extrême, notamment des coups de couteau mortels. Rapidement, Marie-Thérèse Garcia, connue de la victime, est devenue la principale suspecte. En partenariat avec son ancien compagnon, Antonio Marquez Gomez, un homme aux antécédents criminels, elle est accusée des mêmes crimes, mais est actuellement en fuite, recherchée pour trafic de stupéfiants.
La montée des soupçons à l'encontre de Garcia repose sur des éléments troublants. En 2012, l'affaire a été rouverte à la suite d'écoutes téléphoniques impliquant sa famille, témoignant de possibles rivalités sentimentales et de tensions autour de la garde d'un enfant entre les protagonistes. Cette ambiance toxique autour de la garde de Romain, le fils de Corinne, aurait pu être un mobile potentiellement meurtrier. Interrogé à ce sujet, Me Najwa El Haïté, avocate de l'accusée, soutient que le procès devra prouver l'absence d'éléments nouveaux ouvrant à des poursuites.
Des indices incriminants, mais une défense implacable
Parmi les preuves retenues, des cheveux retrouvés dans la malle contenant le corps de Corinne Di Dio, qui pourraient appartenir à Marie-Thérèse Garcia. Toutefois, sa défense oppose à cette analyse le fait que la couleur et la texture des cheveux sont divergentes. Garcia, affirmant son innocence, se retrouve également confrontée à des témoignages allant dans le sens de son implication, notamment ceux de proches qui la décrivent comme manipulatrice.
Le procès, programmé pour s’étendre sur deux semaines et demie, sera marqué par le témoignage d’environ trente personnes, dont des experts judiciaires et médicaux. Le verdict est prévu pour le 3 juillet. « Arriver à ce procès est une victoire contre l’oubli », a déclaré Me Joseph Cohen-Sabban, représentant les parties civiles. Sa détermination à honorer la mémoire de Corinne Di Dio montre que l’espoir de découvrir la vérité reste intact.







