Un jeune homme a été condamné mardi à douze ans de prison par la cour d'assises du Doubs pour le meurtre d'un homme de 27 ans, survenu le 11 août 2024 à Besançon. Âgé de 17 ans au moment des faits, l'accusé a été reconnu coupable de meurtre aggravé, le tout sous l'influence du cannabis. Lors d'un procès tenu à huis clos, cette peine dépasse même les réquisitions de l'avocat général, qui n'avait demandé que dix ans.
Les événements tragiques se sont déroulés lors d'une chaude soirée d'été dans le quartier de l'Amitié. Alors que les habitants cherchaient un peu de fraîcheur en bas de leur immeuble, un groupe de jeunes s'est installé avec des chaises pliantes sur un parking. L'atmosphère, au départ décontractée, a rapidement évolué en conflit à la suite d'un désaccord insignifiant.
Une altercation qui vire au drame
Peu avant 23 heures, la victime se lève de sa chaise pour aller chercher de l'eau. À son retour, elle découvre un adolescent de 17 ans assis à sa place. La dispute éclate alors, mais le mineur finit par quitter les lieux, semblant mettre un terme à la querelle. Cependant, quelques minutes plus tard, il revient armé d'un couteau et poignarde la victime, lui infligeant un coup mortel dans le dos. Ce dernier succombera à ses blessures.
L'accusé a été rapidement interpellé. D'origine malienne, il vivait déjà des difficultés personnelles et bénéficiait de l'aide sociale à l'enfance. Au cours de son procès, il a admis avoir porté les coups de couteau. Néanmoins, il a prétendu avoir été harcelé par le groupe présent, une version que l'avocat général, Lucas Maillard-Salin, a vigoureusement contestée, qualifiant cette assertion de mensonge.
Pour la famille de la victime, le traumatisme est immense. "Les 24 membres de la famille de la victime ont été témoins de l'exécution d'un fils, d'un neveu, d'un cousin", a témoigné leur avocat, Jules Briquet. Près de deux ans après les faits, le souvenir de cette tragédie reste vif dans ce quartier populaire. "Depuis août 2024, la rue de l'Amitié s'est transformée en rue de l'Impasse", déplore Me Briquet.







