Un incendie d'une ampleur impressionnante s'est déclaré mercredi dans le Minervois, engendrant la destruction de pas moins de 700 hectares. Parti d'Oupia, le feu s'est rapidement propagé, incitant à l'évacuation de plusieurs habitants.
"Nous n’avions jamais eu une telle carte du risque incendie dans l’Hérault au 1er juillet", a déclaré Éric Florès, directeur des pompiers du département. Ses préoccupations semblent avoir malheureusement trouvé écho dans la réalité. Au cours de l'après-midi, plusieurs foyers d'incendie sont apparus dans des zones comme Fabrègues et Villeneuve-lès-Maguelone, avant qu'une situation critiques ne se développe autour d'Oupia et Beaufort, à la frontière entre l'Hérault et l'Aude.
L'incendie, qui s'est déclaré vers 16h30, près d'un parc éolien et sous une ligne haute tension, a nécessité une mobilisation rapide et importante des pompiers, alors qu'il menaçait les communes proches, notamment Mailhac et Pouzols-Minervois. Les colonnes de fumée étaient visibles à plus de 50 kilomètres du sinistre, forçant la fermeture de la route minervoise et de deux autres axes départementaux.
Chaleur et vent fort, un cocktail explosif
À 18h30, les équipes de secours faisaient face à une situation alarmante, manquant de ressources alors que les flammes menaçaient encore de s'étendre. Le phénomène observé rappelle celui des méga-incendies de Corbières en août 2025, où le feu s’auto-alimentait sous l’effet de la chaleur et du vent puissant. Sur place, l'accès difficile compliquait d'autant plus l'intervention des pompiers.
Des évacuations préventives ont eu lieu dans les villages de Mailhac et Pouzols-Minervois, avec des recommandations faites aux habitants de rester confinés chez eux. Parole d'habitante, Alice Césaire témoigne : "Vers 16h, on a été prévenus d’un départ de feu. Ils ont d’abord évacué les lotissements" avant qu'elle ne cherche refuge chez des proches à Narbonne. Un gymnase à Sainte-Valiére a été ouvert pour accueillir les évacués nocturnes.
Pour lutter contre les flammes, de vastes moyens ont été déployés. Dès le départ du sinistre, l'équivalent de quatre groupes d'intervention des pompiers de l'Hérault étaient mobilisés, accompagnés par des unités aériennes, dont deux Canadair et deux Dash 8. Malgré les conditions difficiles dues au vent, les opérations se sont intensifiées.
"On se prépare parce que ça va durer"
Du côté audois, 280 pompiers ainsi qu'une trentaine de gendarmes se trouvaient sur place. Un second poste de commandement a été mis en place à Pouzols. "On se prépare, parce que ça va durer", confiait un pompier. En effet, les autorités ont rapporté que les pertes forestières avaient déjà dépassé les 700 hectares, tandis que l'armée a été appelée à déployer des engins pour créer des coupe-feux.
À 20h30, la situation semblait se stabiliser, le feu étant "en partie contenu, mais nous faisons face à des conditions très difficiles en raison du vent", a remarqué Thierry Mailles, sous-préfet de Narbonne. Bien que la progression du feu ait été stoppée, les flancs demeuraient actifs, et la préfecture a prévenu que la nuit serait longue pour les équipes sur le terrain.







