Lors de l’audience du 25 mars devant la cour d’assises du Rhône, Nicolas Zepeda, un Chilien de 35 ans, a reconnu avoir menti à plusieurs reprises tout au long de ces années. L'avocat général, Vincent Auger, a requis trente ans de réclusion criminelle pour l'assassinat de Narumi Kurosaki, une étudiante japonaise tuée en 2016 à Besançon.
Le corps de Narumi n'a jamais été retrouvé. Selon l'avocat général, Zepeda aurait agi par jalousie suite à la rupture avec Narumi, impossible à accepter pour lui. L’homme avait déjà été condamné à 28 ans de prison en 2022, puis à la même sanction en appel, avant que la Cour de cassation n’annule ce verdict en raison d’un vice de procédure.
Des recherches infructueuses sur des ADN retrouvés
Extradé de son pays en 2020 et en détention depuis, Zepeda persiste à clamer son innocence, affirmant : « Je ne l’ai pas tuée, je l’aimais profondément. » Toutefois, face à des éléments de preuve accablants, il a admis avoir trompé la justice à de multiples occasions.
Ses avocats avaient requis des analyses complémentaires d'ADN, révélant des traces de plusieurs hommes dans la chambre de Narumi, où des témoins avaient rapporté des cris terrifiants dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016. Zepeda a maintenu avoir eu des relations sexuelles avec Narumi avant de quitter les lieux, ajoutant qu’il était parti 30 heures plus tard.
En plus de l'ADN de Narumi et de son nouveau petit ami français, deux autres traces d'ADN masculins ont été relevées. Les défenseurs de Zepeda ont pointé du doigt l'absence de vérifications avec le Fichier national automatisé des empreintes génétiques, une comparaison qui n'a pas abouti.
Un portrait glaçant de l'accusé
Une psychologue, ayant évalué Zepeda en 2020, a dressé le portrait d’un homme « très narcissique » et en quête de contrôle absolu sur Narumi. La perte de ce contrôle a déclenché chez lui des sentiments de jalousie et d’angoisse, justifiant ses comportements menaçants, comme des e-mails envoyés à Narumi, remplis d’ultimatums.
La spécialiste a conclu à une « possessivité » maladive ainsi qu’à une « violence psychologique » dévastatrice, souhaitant anéantir la personnalité de Narumi. Selon Sylvie Galley, l’avocate de la famille de la victime, ces révélations ont dessiné un « ultimatum glaçant ». Le procès se poursuivra jusqu'à la fin de la semaine prochaine, et les regards restent tournés vers la cour, espérant une justice pour Narumi.







