Jeudi, un parc verdoyant de Téhéran se transforme en lieu de rassemblement pour des Iraniens célébrant le dernier jour des festivités du Nouvel an persan. Ignorant les déclarations alarmantes de Donald Trump qui menaçait de ramener l'Iran "à l'âge de pierre", ces familles se retrouvent autour d’un pique-nique.
Depuis plus d'un mois, le pays est en proie à un conflit, déclenché par les actions militaires américaines et israéliennes le 28 février. Trump a annoncé que les frappes se poursuivraient encore "deux à trois" semaines, renforçant l'incertitude qui plane sur la nation. Ce contexte de guerre ne semble cependant pas freiner l’esprit de fête des Téhérois.
Malgré les détonations résonnant dans la capitale, des centaines de familles s'adonnent à des pique-niques sous un ciel nuageux, avec en toile de fond les superbes montagnes enneigées de l'Alborz. Jeudi marque le 13e et dernier jour des réjouissances du Nouvel an, également appelé "Sizdah-bedar", une journée dédiée à la nature.
"Nous devons préserver cette tradition, peu importe les circonstances", affirme Roya Abhari, une employée de 39 ans, à l'AFP. La journée est sacrée pour les Iraniens, et passer du temps à l'extérieur est perçu comme un moyen d'éviter la malchance.
"Je me demande souvent ce que Trump entend par ‘retour à l'âge de pierre’. Dans deux à trois semaines, la réalité de l'Iran ne changera pas", s'interroge Mme Abhari, intriguée par l'impact des menaces américaines sur la vie quotidienne.
Hakim Rahimi, un ouvrier métallurgiste de 43 ans, partage son point de vue : "La guerre ne perturbe rien pour nous. Trump peut parler tant qu'il veut, nous avons traversé des conflits bien plus dévastateurs". Il évoque la guerre Iran-Irak qui a duré huit ans sans effrayer la population.
Parmi les groupes d'amis discutant autour d'un thé, l'ambiance est détendue. Des brochettes cuisent sur un grill, tandis que d'autres se divertissent avec une partie de badminton. Les rires des enfants jouant sur des balançoires apportent une touche de légèreté à ce qui est sinon un environnement tendu, marqué par des explosions et des destructions.
Ce matin, des frappes ont causé d'importants dommages à l'Institut Pasteur d'Iran, un établissement de santé clé. Cependant, les parcs de Téhéran, habituellement verdoyants, se transforment en refuges pour les habitants cherchant à échapper au stress quotidien de la guerre. Des joggers, cyclistes et promeneurs affluent malgré les dangers qui les guettent.
Face à cette escalade, l'armée iranienne a menacé de représailles "dévastatrices" si les attaques américaines se poursuivent. Cette dynamique alimente les craintes d'une intensification du conflit au Moyen-Orient, déjà en proie aux tensions et aux crises économiques.







