La réforme de la collecte et du recyclage des produits et matériaux de construction du bâtiment, débattue depuis plusieurs mois, entrera pleinement en vigueur en 2027, a annoncé le gouvernement vendredi 3 avril 2026.
La gestion des déchets du bâtiment va subir des changements significatifs. À partir de 2027, le gouvernement mettra un accent particulier sur les matériaux « non matures », tels que les laines de verre, les plastiques et certaines membranes bitumeuses, nécessitant un soutien pour une véritable économie du recyclage, a déclaré le cabinet du ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre. En effet, tout ce qui est considéré comme « mature », comme le béton, les briques et le métal, sera moins priorisé, étant déjà couvert par des solutions de traitement existantes.
Pour illustrer la complexité de la transition, Lefèvre a indiqué qu'une phase transitoire se poursuivra jusqu'à fin 2026, au cours de laquelle les petits volumes de déchets matures continueront d'être pris en charge. Ce coût, estimé à environ 300 millions d'euros par an, pourrait entraîner une hausse des éco-contributions de plus de 60 %, un scénario que personne ne souhaite voir se réaliser. Économiser et rationaliser les coûts est donc une nécessité vitale, comme l’a expliqué un expert du secteur.
Points de collecte : un nouveau maillage
Par ailleurs, le déploiement d'un maillage territorial pour la collecte des déchets sera également mis en place dans les prochaines années. L'objectif est d'assurer des points de collecte à une distance de 20 minutes pour tous les artisans, comme présenté par le cabinet ministériel.
La responsabilité élargie des producteurs
Cette « refondation », relative à la gestion des 42 millions de tonnes de déchets générés par le secteur chaque année, a été initiée en mars 2025. Désormais, la responsabilité du traitement des déchets repose sur le professionnel, qui doit verser une éco-contribution à un éco-organisme désigné. Ce changement s'inscrit dans le cadre de la loi antigaspillage (loi Agec), qui a intégré les déchets du bâtiment dans le schéma de responsabilité élargie, à l'instar d'autres secteurs comme les emballages. Cette législation fait suite à des événements tragiques, comme la mort en 2019 du maire de Signes, Jean-Mathieu Michel, brutalement tué alors qu'il tentait d'intervenir lors de dépôts de gravats illégaux.







