La vente d’un vin Romanée-Conti 1945 à 704 900 € le 28 mars à New York établit un nouveau record mondial. Derrière ce prix vertigineux, un millésime exceptionnel qui relance le débat sur l’image des vins de Bourgogne.
Dans un événement marquant, une bouteille de 1945 du célèbre domaine Romanée-Conti, situé à Vosne-Romanée en Côte-d'Or, a été vendue pour la somme incroyable de 704 900 euros à New York. "Il y a de plus en plus d'acheteurs fortunés qui n'hésitent pas à débourser des sommes folles, mais au final, cela reste une bouteille de vin", explique Thiébault Huber, vigneron à Meursault et président de la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (CAVB).
Ce domaine prestigieux détient également le précédent record de 482 000 euros, établi en 2018. D'après le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne, les prix des bouteilles de Romanée-Conti varient entre 8 000 et 15 000 euros en fonction des millésimes. La spécificité de la bouteille de 1945 réside dans le fait qu'il n'en reste plus que 600, en raison de l’invasion du phylloxéra, qui a détruit les vignes à cette époque, comme le souligne un article de France 3 Bourgogne-Franche-Comté.
Un débat sur les prix des vins de Bourgogne
Cette vente, excédant de 130 % l'estimation initiale, suscite des interrogations. "Cela écornent l’image des vins de Bourgogne, qui sont souvent perçus comme excessivement chers, alors que de nombreux crus sont accessibles à moins de 20 euros", estime Huber. Selon lui, les collectionneurs semblent perdre de vue le plaisir et le partage inhérents aux bons vins. Pour lui, cette dynamique ressemble davantage à une bulle spéculative, analogue à celle des œuvres d’art, qu’à une réelle appréciation des vins", conclut-il, mettant ainsi en lumière les risques d'un marché en pleine mutation.







