Dans une étude récente de l'Université de Clemson, 62 comptes liés au Corps des gardiens de la révolution islamique ont été identifiés, dont 47 sur X et 9 sur Instagram. Ces plateformes ont vu leurs vidéos se propager rapidement, atteignant plus de 145 millions de vues. Un exemple marquant : une vidéo mettant en scène une figurine Lego représentant Donald Trump dans un casino, lançant des dés portant des drapeaux iraniens. Dans d'autres séquences, un diable, emboîtant le pas d'un bureau décoré de drapeaux américain et israélien, remplace la casquette «MAGA» par une autre estampillée «MIGA», signifiant «Rendre à l'Iran sa grandeur».
Les vidéos prolifèrent sur les réseaux sociaux. Tandis que le conflit entre les États-Unis et Israël contre l'Iran s'intensifie, Washington réagit avec des montages élogieux sur ses succès militaires. Comme le rapportent nos confrères de Cyabra, ces créations vont jusqu'à inclure des références à la culture populaire, mêlant des images d'actions militaires à des éléments de jeux vidéo tels que GTA et Call of Duty. Une vidéo de la Maison-Blanche du 12 mars montre ainsi des strikes de missiles dépeints comme des strikes dans un jeu de bowling.
Selon le rapport de Cyabra, ces vidéos ont cumulé plus de 145 millions de vues sur divers réseaux sociaux en moins de deux semaines. Certaines d'entre elles mettent en avant des personnages historiques et des peuples ayant souffert sous l'histoire américaine, représentés aussi en Lego, visant à démontrer une «vengeance unique pour tous» en abattant des symboles américains tels que la Maison-Blanche ou le Titanic.
Précisément, l'étude révèle que «19 % des comptes étudiés étaient inauthentiques, amplifiant ainsi la diffusion de deepfakes et de fausses images de guerre». Le réseau TikTok s'est avéré être particulièrement efficace dans ce contexte, générant à lui seul 72 % des vues de cette campagne. Des vidéos illustrant des pilotes de l'US Air Force chassés par des figures folkloriques iraniennes circulent largement, augmentant l'impact visuel des messages.
Cette stratégie n'est pas nouvelle ; les campagnes précédentes du gouvernement iranien sur les réseaux sociaux ont rebeloté à la hausse des techniques de désinformation, comme le soulignent également les spécialistes en communication politique. Les hashtags, tels que #standwithiran, sont employés de manière systématique pour élargir la portée des publications. Des pics de publications synchronisés indiquent une campagne coordonnée.
L'analyse de Clemson révèle que certains comptes se faisaient passer pour des utilisateurs des Amériques ou des îles britanniques, relayant initialement des discours anti-américains avant de basculer vers une propagande pro-iranienne agressive après le début du conflit. Dans cette nouvelle phase de communication, des récits centrés sur les souffrances des civils iraniens se sont multipliés.
À travers cette approche, l'Iran montre non seulement son aptitude à naviguer dans le paysage numérique moderne mais aussi sa capacité à s'emparer des outils de la culture populaire pour adresser des messages politiques de manière percutante. Ces techniques soulignent l'importance croissante de la communication numérique dans les conflits contemporains, comme l'ont déjà souligné des experts en stratégie de communication.







