À l'occasion de la Pâque orthodoxe, un cessez-le-feu de 32 heures est prévu pour débuter ce samedi après-midi entre l’Ukraine et la Russie. Annoncé par Vladimir Poutine et accepté par Volodymyr Zelensky, ce cessez-le-feu intervient malgré une escalade récente des combats. Le Kremlin a précisé que ce repos des hostilités prendra effet à 16 heures, heure de Moscou, jusqu'à la fin de la journée de dimanche.
Depuis quelques jours, des frappes ont été signalées, notamment dans les régions ukrainiennes de Poltava et Soumy, où des attaques ont fait des victimes. Selon des rapports, au moins une personne a été tuée et une quinzaine blessées avant même le début de cette trêve. Plus tôt, une vague de frappes sur Odessa a coûté la vie à deux personnes, ravivant ainsi les tensions.
Poursuite des hostilités avant la trêve
Malgré les annonces de cessez-le-feu, la situation sur le terrain reste précaire. L’armée de l’air ukrainienne a indiqué que la Russie a lancé 128 drones durant la nuit précédant le cessez-le-feu. Les discussions diplomatiques, principalement sous l’égide des États-Unis, n'ont jusqu'à présent pas abouti à des avancées significatives. Le processus de paix semble de plus en plus compromis, la Russie ayant des exigences que l'Ukraine rejette catégoriquement, les qualifiant de capitulation.
Contexte des négociations
Le président Zelensky a exprimé la volonté de respecter la trêve, bien que les deux camps se soient déjà accusés l'année dernière de violer une trêve similaire durant les célébrations de la Pâque orthodoxe. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que cette initiative de cessez-le-feu n'avait pas été discutée avec Kiew ou Washington, ce qui soulève des doutes quant à sa mise en œuvre effective.
Les conséquences du conflit
La guerre, qui dure depuis quatre ans, a causé la mort de centaines de milliers de personnes, faisant d'elle le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Alors que la Russie a acquis un peu plus de 19% du territoire ukrainien, notamment durant les premiers mois du conflit, les récentes offensives ukrainiennes ont permis d'endiguer certaines avancées russes.
Les experts de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) notent qu’une interdiction de l’utilisation des terminaux Starlink et des restrictions sur Telegram ont contribué à ralentir l’offensive russe ces dernières semaines. Le mois de mars a vu de modestes gains pour les forces russes, notamment autour des régions de Donetsk, mais les pertes humaines continuent d'augmenter des deux côtés.
Alors que le monde attends des signes de paix, cette trêve espérée pourrait ne s'avérer être qu'une illusion, donnant lieu à plus d’angoisse que de répit. Le chemin vers une résolution durable du conflit reste semé d'embûches.







