La forte hausse des prix du carburant depuis la guerre au Moyen-Orient a entraîné une hausse des vols, en particulier chez les chauffeurs routiers.
La flambée des prix des carburants engendrée par la guerre au Moyen-Orient a conduit à une augmentation des vols, ciblant principalement les chauffeurs routiers.
À la station-service de l'aire d’autoroute du Haut-Koenigsbourg à Orschwiller, le prix du gazole atteint 2,25 € le litre. Les routiers, en pause après un long trajet, deviennent la proie de voleurs guettant l'occasion de siphonner le précieux carburant de leurs réservoirs.
les poids lourds vulnérables
Le gendarme Cédric Hubert, en charge du contrôle des flux dans le Bas-Rhin, souligne que « un poids lourd est une cible facile parce que c'est un stockage potentiel, presque disponible, de carburant ». Avec la « recrudescence » des vols, il prodigue des conseils aux chauffeurs : « éviter de stationner le réservoir plein à des endroits isolés » et « se garer le plus proche possible les uns des autres ». Des brochures explicatives sont distribuées dans plusieurs langues.
Philippe Da Soler, gérant d'un transporteur, dépeint une réalité inquiétante : « Quand on voit ce que les gens sont prêts à faire pour quelques litres de gazole, c’est de la folie furieuse ». Un de ses collègues, chauffeur sur l'A6, témoigne de l'angoisse croissante parmi les routiers, reflet d'une préoccupation partagée.
Les vols de carburant affectent non seulement les chauffeurs routiers, mais également des secteurs comme l'agriculture et le bâtiment, selon Cédric Hubert.
Un incident récent à Forbach a touché une entreprise de transport. Philippe Da Soler raconte : « Une flaque de carburant a été retrouvée un samedi matin. Sur les caméras, on a vu un individu siphonnant le carburant. » Le voleur a utilisé un tuyau pour remplir de nombreux bidons avant d'être appréhendé par la gendarmerie.
C’est, en proportion, l’augmentation des vols de carburants recensée par la gendarmerie du Doubs depuis le début du conflit.
La colonelle Élodie Montet observe également une hausse préoccupante : « Depuis la guerre en Iran, nous constatons 107 % d’augmentation des vols ». Face à cette menace, Philippe Da Soler met en place des caméras thermiques et des barrières infrarouges pour protéger son entreprise. Néanmoins, il reconnait qu'aucune solution n'est infaillible.
baisse des prix attendue
Un cessez-le-feu éphémère entre les États-Unis et l’Iran pourrait envisager une diminution des prix des carburants, bien que cela reste incertain. Michel-Édouard Leclerc, président des centres E. Leclerc, a déclaré sur BFMTV/RMC que les prix à la pompe pourraient fléchir dans les jours à venir, sans revenir pour autant aux niveaux d'avant le conflit.
En attendant, l'angoisse demeure chez les chauffeurs : « On n'est pas sereins », affirme Alexandre Trur, routier depuis dix ans, avant d'ajouter « C’est anxiogène ».
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