Béatrice Keul, ancienne reine de beauté, aujourd'hui âgée de 54 ans, a décidé de briser le silence dans les colonnes de Ouest-France, évoquant l'agression sexuelle dont elle a été victime de la part de Donald Trump lors d'un concours en 1993. Ce témoignage, révélateur d'un système, met en lumière des pratiques inacceptables qui ont eu lieu dans le milieu des concours de beauté.
Finaliste de Miss Suisse et Miss Europe en 1993, Béatrice fait partie des 28 femmes qui ont dénoncé publiquement Donald Trump pour des comportements qu'elles qualifient d'agressions. Dans son récit, elle décrit comment un piège inattendu s'est refermé sur elle alors qu'elle participait à ces compétitions comme un simple hobby.
Lors d'une interview accordée à Ouest-France, elle explique que, bien qu'elle ait été enthousiaste à l'idée de participer à un concours organisé par Trump à New York, la réalité s'est avérée bien différente. "À l'époque, on entendait beaucoup de bien de lui en Suisse, mais une fois sur place, j'ai eu une toute autre perception. Ce que je pensais être un concours sérieux s'est rapidement transformé en un véritable cauchemar", confie-t-elle.
Les organisateurs de cet événement incluaient Trump, Jeffrey Epstein, ainsi que Georges Houraney, une personnalité bien connue des cercles influents. "Un concours de beauté, trois prédateurs", résume-t-elle, dénonçant ainsi le climat d'agression qui prévalait.
« Il m’a sauté dessus comme une bête sauvage »
Béatrice se souvient que Trump, feignant un intérêt pour elle pendant quelques minutes, a ensuite introduit Epstein, promettant des opportunités sans jamais préciser le prix à payer. Plus tard, Trump a convié Keul à sa suite pour continuer la conversation, mais cette rencontre s'est transformée en une expérience traumatisante.
« Quand je suis entrée, il m’a sauté dessus comme une bête sauvage. Je n’ai pas eu le temps de réagir. Il m’a touchée partout, usant de sa force pour mettre fin à toute conversation », déplore-t-elle. Malgré ses efforts désespérés pour obtenir de l'aide, personne ne s'est manifesté.
Après cette expérience traumatisante, Donald Trump a exigé qu'elle garde le silence. "J'ai obéi pour pouvoir sortir de là vivante et récupérer mon passeport", se remémore-t-elle. Ce traumatisme l'a poussée à abandonner sa carrière de mannequin pour se réorienter vers la banque.
Trois décennies plus tard, Béatrice a choisi de raconter son histoire, appelant les victimes d'agressions sexuelles à ne pas se taire comme l'ont fait les femmes des années 1990. "Parlez à des médecins ou à des associations", exhorte-t-elle, espérant ainsi briser le cycle du silence et de la honte qui entoure souvent ces atrocités.







