Début avril, Donald Trump a alimenté une nouvelle polémique en insinuant que Brigitte Macron ne traitait pas le président français avec respect. Peu après, il s'est permis un commentaire cinglant sur l'absence de consultations préalables avant les frappes contre l'Iran, répondant avec un insouciant : « Qui connaît mieux la surprise que le Japon ? Pourquoi ne m’avez-vous pas prévenu pour Pearl Harbor ? » Le pape Léon XIV, qui a rapidement pris position, semble sortir indemne de cette tempête.
Une nouvelle controverse a émergé lorsque Trump a partagé une image générée par intelligence artificielle de lui-même, représentant Jésus en train de guérir des malades. Bien qu'il ait ensuite supprimé le post, la diffusion rapide de l'image a suscité l'indignation. Pour les membres de la droite alternative américaine, habitués à ces caricatures, cela ne représente pas vraiment une surprise. Cependant, se comparer à Jésus semble avoir franchi une limite inacceptable.
Le président Trump et sa blague de mauvais goût
Cette situation s'est amplifiée dans un contexte politique déjà tendu. Les chrétiens américains, qui auraient pu envisager cette blague avec humour, ont réagi vivement. Trump a tenté de justifier son acte en affirmant que l'image le projetait comme un médecin qui soigne les gens. Cependant, son contrôle du discours est en train d'échapper complètement.
Le pape, dans sa première année de pontificat, n’hésite pas à critiquer Trump sur divers sujets, notamment la politique migratoire américaine. En novembre 2025, il qualifiait le traitement réservé aux migrants de « extrêmement irrespectueux », une position qui embarrasse de nombreux catholiques américains. Cet affrontement entre les deux figures marque un tournant dans leur relation déjà tendue.
En plus de ses critiques sur la politique migratoire, le pape s'est élevé contre la guerre avec l'Iran, appelant à faire taire le « fracas des bombes ». En réponse, Trump a raillé le pape, révélant rester « peu fan » de ses choix, surtout concernant la guerre au Moyen-Orient.
Jesusgate : la goutte d'eau pour Trump
Le débat autour de cette image de « Jesusgate » est le dernier d'une longue série de défis pour le président, dont la popularité est en question. De nombreux membres de sa base électorale, qu'il s'efforce de séduire en tant que défenseur de la chrétienté, voient en cette image une provocation, un « blasphème », voire un signe de « narcissisme », selon Tucker Carlson qui a évoqué un « esprit de l'Antéchrist ».
En essayant de se présenter comme le sauveur de l'Occident, Trump semble paradoxalement présider à son déclin. Ce conflit avec le pape souligne un échec à rassembler, alors que la chrétienté, pierre angulaire de la civilisation occidentale, ne reconnaît qu'un vrai sauveur, Jésus-Christ.
Avec des élections de mi-mandat qui approchent et une multitude de problèmes, Trump se retrouve désormais en désaccord même avec les figures spirituelles de l'Occident. Cette situation est accentuée par des tensions croissantes avec ses alliés. Giorgia Meloni, qui avait auparavant soutenu Trump, a également critiqué son attitude, le poussant à répliquer qu'il avait sous-estimé son courage.
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Le 8 mai 2025, l'élection de Robert Francis Prevost, devenu Léon XIV, a surpris le monde catholique. Son rôle équivoque dans la politique américaine s'accroît, tout comme les critiques qu'il adresse à Trump. En réponse, Trump assure ne pas vouloir entrer dans ce débat, se concentrant plutôt sur l'importance de promouvoir la paix.







