Ces affaires, encore marginales en 2024, ont pris de l'ampleur en 2025, confirmant les préoccupations des autorités.
Depuis janvier 2026, plus de quarante cas d'enlèvements et de séquestrations en rapport avec les cryptomonnaies ont été recensés en France, avec autant d'arrestations, a révélé Philippe Chadrys, directeur national adjoint de la police judiciaire, le 16 avril. Certaines enquêtes ciblent des personnalités institutionnelles, d'autres touchent des individus ordinaires investissant dans ces monnaies numériques. Un certain flou entoure aussi certains cas, qui ne concernent pas nécessairement des enlèvements, a-t-il ajouté.
Le phénomène, encore considéré comme marginal en 2024, a connu une croissance notable en 2025, avec une trentaine d'affaires signalées. Ces actes visent souvent à obtenir des rançons ou des valeurs monétaires en échange de la libération des victimes, comme l'indique Annabelle Vandendriessche, cheffe du service d'analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) du ministère de l'Intérieur.
Un incident dramatique impliquant une mère et son fils
Un nouvel incident a eu lieu à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) le 10 avril, où cinq individus ont séquestré une victime dans le but d'obtenir des informations sur des investissements en cryptomonnaie, emportant des bijoux et des appareils électroniques. La brigade de recherche et d'intervention (BRI) a réussi à arrêter des suspects à la gare Montparnasse, a rapporté Chadrys, notant qu'ils avaient commis une « erreur de cible » en visent des victimes précédentes.
Le 13 avril, une femme et son fils de 11 ans ont été libérés après avoir été enlevés en Bourgogne. L'intervention rapide d'une centaine de gendarmes a permis leur libération le lendemain, avec la mise en garde à vue de sept suspects. En janvier dernier, le nouveau parquet anticriminalité organisée a fait état de 13 affaires similaires, témoignant de la montée de cette criminalité.
En février, une magistrate et sa mère ont vécu une expérience traumatisante, retrouvées ligotées après 30 heures de séquestration à cause des activités de son partenaire dans le domaine des cryptomonnaies. La vague d'enlèvements a été largement médiatisée suite à l'enlèvement du cofondateur de Ledger, David Balland, en janvier 2025, qui a été libéré grâce à une opération du GIGN. Les autorités et les experts s’inquiètent de cette escalade, qui pourrait toucher encore plus de personnes si rien n'est fait.
Lire aussi







