La question se pose : la Russie possède-t-elle une armée inépuisable de drones ? Chaque jour, des centaines de drones se lancent vers l’Ukraine, créant une dynamique inquiétante. Lors de deux récentes vagues d'attaques, l'armée ukrainienne a intercepté 659 drones de type Shahed-136 accompagnés de 19 missiles.
Depuis janvier 2026, ce sont environ 15.963 drones russes qui ont été détruits au-dessus du sol ukrainien, selon des données de l'Institut pour la science et la sécurité internationale. Ces chiffres sont cependant alarmants, car on estime que plus de 70.000 engins de ce type ont été lancés depuis leur sol. Pas à compter les autres modèles, tels que les Gerbera ou Itlamas, également en service.
Une industrialisation à grande échelle
La fabrication des drones Geran-2, inspirés des modèles iraniens, a été largement industrialisée en Russie, notamment à Yelabuga, au Tatarstan. Xavier Tytelman, consultant en aéronautique, souligne : "La Russie a mis en place une chaîne de production massive pour soutenir ses opérations militaires". L'Centre pour la stratégie et les études internationales (CSIS) confirme cette tendance, indiquant une expansion continue des capacités de production.
D'après des analyses, environ 200 drones Geran-1 et Geran-2 sont produits quotidiennement dans cette usine, qui a été mise en lumière par un reportage de la chaîne militaire russe Zvezda en 2025. En termes de design, le Geran-2 utilise une technologie relativement simple, rendant sa production rapide et moins onéreuse.
Économie de guerre : un modèle rentable, du moins pour l'instant
Malgré un taux d’interception élevé par les forces ukrainiennes, qui parviennent à détruire plus de 90 % des attaques avec des systèmes de défense avancés, la Russie continue de tirer parti de cette stratégie. Pour un coût de 350.000 dollars par cible pour les drones, la Russie maintient un rapport coût-efficacité favorable par rapport à d'autres systèmes d'armement, comme les missiles Kh-22.
Cependant, les experts préviennent que cette situation pourrait changer. En raison de la mauvaise qualité des composants fournis par la Chine et d'une incapacité à produire certains matériels en interne, la Russie pourrait se heurter rapidement à des pénuries critiques qui limiteront son avancée dans la guerre des drones.







