L'ancien officier des forces spéciales, Ben Roberts-Smith, fait face à des accusations graves de crimes de guerre en Afghanistan, notamment cinq meurtres qui auraient eu lieu entre 2009 et 2012. Depuis son arrestation début avril, il maintient son innocence.
Lors d'une déclaration publique, Roberts-Smith a affirmé : "Je nie catégoriquement toutes ces allégations, et bien que je regrette que cela se soit produit, je vois cela comme une opportunité de laver mon nom." Cette première prise de parole depuis son arrestation très médiatisée a eu lieu à Gold Coast, une ville côtière de l'État du Queensland.
Détenteur de la Victoria Cross, la plus haute distinction militaire australienne, Roberts-Smith a été arrêté le 7 avril suite à une enquête exhaustive sur les opérations des forces australiennes à l'étranger. Il a été libéré sous caution le 17 avril.
"Je suis fier de mon service en Afghanistan. J'ai toujours agi en accord avec mes valeurs durant mon engagement," a-t-il ajouté, tout en niant les accusations portées à son encontre.
Une situation juridique délicate
Aujourd'hui âgé de 47 ans, Roberts-Smith a longtemps été considéré comme un héros national, ayant même rencontré la reine Élisabeth II. L'Australie a engagé près de 39 000 soldats en Afghanistan au cours de deux décennies, dans le cadre de missions menées par les États-Unis et l'OTAN.
En 2018, des rapports de presse avaient établi un lien entre lui et des meurtres attribués à des soldats australiens, ce qu'il a fermement démenti. Malgré des tentatives judiciaires pour défendre son honneur, il a perdu plusieurs procès en diffamation contre les médias.
En 2020, une enquête militaire a mis en lumière des allégations accablantes d'exécutions illégales présumées, révélant des comportements illégaux parmi certains membres des forces spéciales. Des experts militaires ont souligné que la crédibilité de l'armée australienne pourrait être mise à mal par ces révélations.
Un juge a noté que si Roberts-Smith ne bénéficie pas de la liberté sous caution, il pourrait passer "des années" derrière les barreaux avant même d'être jugé, avec une peine potentielle de réclusion à perpétuité plane sur lui.







