L'Iran a déclaré qu'un accord de paix avec les États-Unis reste très incertain à trois jours de l'expiration d'un cessez-le-feu, alors que le stratégique détroit d'Ormuz demeure verrouillé.
"Nous sommes encore loin de conclure les discussions", a affirmé Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement iranien. "Bien que nous avons fait des avancées, de nombreuses divergences demeurent, et certains points clés restent non résolus."
Ce responsable avait pris part à des pourparlers à Islamabad avec une délégation américaine dirigée par le vice-président JD Vance, qui s'étaient soldés par un échec le 12 avril dernier.
Lors de ces discussions, qui ont marqué un tournant majeur dans les relations entre ces deux nations depuis la Révolution islamique de 1979, Ghalibaf a exprimé la méfiance de Téhéran, soutenant qu'il n'y a "aucune confiance" accordée aux États-Unis. Il a exhorté la partie américaine à abandonner un attachement à l'unilatéralisme dans leurs négociations.
La défiance à l'égard de Washington est amplifiée à Téhéran, qui a été la cible de frappes israélo-américaines en juin 2025, puis encore entre le 28 février et le 8 avril, en plein cœur de discussions en cours.
- "Au plus malin" -
Sous la pression du blocus américain de ses ports, l'Iran a annoncé samedi qu'il reprenait "le strict contrôle" du détroit d'Ormuz, inversant sa décision d'un jour plus tôt d'ouvrir cette voie maritime qui représente un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz. Peu après cette annonce, plusieurs navires commerciaux ont été visés par des tirs.
"Toute tentative d'approche sera perçue comme une collaboration avec l'ennemi, et le navire enfreignant cette règle sera ciblé", a déclaré l'armée des Gardiens de la Révolution, ajoutant: "Nous savons jouer avec intelligence." Cette déclaration a suscité une réaction de Donald Trump, qui a qualifié l'attitude de l'Iran de "chantage", tout en indiquant qu'il avait eu de "très bonnes conversations" avec Téhéran.
Après plus d'un mois de conflits, ayant entraîné des milliers de décès, principalement en Iran et au Liban, l'annonce d'une réouverture du détroit avait initialement favorisé la détente des marchés financiers, provoquant une baisse importante des prix du pétrole.
Le récent durcissement de la situation pourrait raviver les tensions économiques, alors que les diplomates oeuvrent pour rapprocher les Iranien et Américains autour de la table des négociations. Trump a affirmé que les plus gros obstacles avaient été levés, notamment sur des questions nucléaires. L'Iran, cependant, a nié vouloir se doter de la bombe atomique, contredisant les affirmations du président américain.
- Routes rouvertes au Liban -
Du côté libanais, la situation est tout aussi préoccupante. Un soldat français a perdu la vie samedi et trois autres ont été blessés, dont deux gravement, lors d'une attaque contre des Casques bleus dans le sud du pays. Cette embuscade a eu lieu peu après la mise en place d'un cessez-le-feu de dix jours au Liban, que le Hezbollah, soutenu par l'Iran, a nié avoir orchestré.
Malgré la trêve, l'armée israélienne maintient une présence dans la région, ayant établi une "ligne jaune" de démarcation. Parallèlement, elle a rapporté l'élimination d'une cellule terroriste à proximité de ses troupes et fait état de la mort de deux de ses soldats.
Naïm Qassem, leader du Hezbollah, a mis en garde en déclarant: "Un cessez-le-feu implique l'arrêt complet de toutes les hostilités. Étant donné notre méfiance envers l'ennemi, les combattants sont prêts à répondre en cas de violation." L'armée libanaise, quant à elle, profite de la relative accalmie pour réhabiliter des infrastructures endommagées par les attaques israéliennes.
Les habitants semblent toutefois hésiter à revenir, inquiets d'une possible reprise des combats. "Nous craignons de perdre notre place à l'école où nous nous sommes réfugiés", confie Hassan, 29 ans, la capital libanaise. Les récents événements, révélant l'intensification des frappes israélo-américaines contre l'Iran, ont causé plus de 2,300 morts et déplacé plus d'un million de personnes selon les autorités locales.







