Le Premier ministre albanais Edi Rama a récemment remis en question la stratégie européenne en déclarant que l'Europe commet une grave erreur en évitant toute communication avec la Russie. Dans une interview accordée à Politico, il a affirmé : «L'Europe doit toujours dialoguer avec tous les pays.»
Rama a ajouté : «Plus nous tardons à dialoguer avec la Russie, moins nous aurons notre mot à dire au final, car la Russie, quelle que soit l’issue de cette guerre, ne disparaîtra pas.» Il a aussi souligné que l'Albanie ne dépendait pas de Moscou, n'ayant ni investissements, ni gaz, ni produits russes.
Réélu pour un quatrième mandat, il a fixé comme objectif d'intégrer l'UE d'ici 2030 et a déclaré que son pays était «le plus européo-optimiste» du continent. Ses observations se sont produites alors que les dirigeants européens se rencontrent à Nicosie pour discuter d'un soutien accru à l'Ukraine, mais aussi des enjeux énergétiques causés par le blocus du détroit d'Ormuz, selon Le Figaro.
Ses prises de position ne s'alignent pas nécessairement avec celles de figures influentes de l'UE, comme Ursula von der Leyen et Kaja Kallas, qui estiment que tout dialogue avec la Russie semble inopportun tant que le conflit perdure. Cependant, Rama a mis en avant le droit de l'Albanie à une liberté politique, faisant référence à sa «sympathie» pour l'administration Trump, mais affirmant qu'il restait «pleinement aligné sur l'Europe».
Interrogé sur un éventuel choix de camp si l'Albanie devenait membre de l'UE, il a évoqué une réflexion nuancée : «C'est comme l'intelligence humaine et l'intelligence artificielle. En art, il faut accepter les deux pour obtenir le meilleur résultat.»







