« On ne peut pas être attaqué avec 2.800 missiles et drones et ensuite parler de confiance. Cela prendra une éternité », a déclaré Anwar Gargash, conseiller diplomatique de haut rang. Lors d'une intervention à la World Policy Conference organisée par l'Institut français des relations internationales (IFRI) à Chantilly, près de Paris, Gargash a mis en avant l'escalade des tensions depuis le commencement de la guerre au Moyen-Orient.
Débutée le 28 février, la guerre s'est intensifiée avec des frappes américaines et israéliennes sur l'Iran, provoquant en retour des frappes iraniennes ciblant les alliés américains dans la région, les Émirats étant particulièrement touchés. « Il est désormais clair pour nous et nos voisins que l'Iran représente une menace stratégique majeure pour l'avenir », a ajouté Gargash, qui soulève des inquiétudes quant à la planification délibérée de ces attaques par Téhéran.
Selon lui, environ 90 % des frappes iraniennes visaient des cibles civiles, contrairement aux déclarations de l'Iran qui prétendait cibler des installations militaires. Ancien ministre des Affaires étrangères, il a souligné que ces attaques illustrent le mépris de l'Iran envers les relations irano-arabes.
Le cessez-le-feu précaire entre Washington et Téhéran suscite également des préoccupations. Gargash avertit que la situation pourrait être interprétée par Téhéran comme une victoire, en particulier en ce qui concerne le maintien du régime et le contrôle stratégique du détroit d'Ormuz. « Ce calcul peut durer des semaines, mais pas indéfiniment », a-t-il ajouté, évoquant la possibilité de reprendre les négociations dans un avenir proche.
Il a insisté sur le fait que cette guerre pourrait finalement renforcer la présence américaine dans la région, au lieu de la réduire, contredisant les idées reçues selon lesquelles les bases américaines seraient une source de tension. Gargash a précisé : « Il ne s'agit pas seulement de bases, mais d'équipements, d'alliances et d'une approche politique et diplomatique. »
Afin de mieux comprendre l'évolution des relations au Moyen-Orient, Gargash a noté qu'un nombre croissant de responsables dans la région pourraient ne plus percevoir Israël comme une menace, même s'ils demeurent attachés à la cause palestinienne. Cela pourrait ouvrir la porte à une coopération plus étroite avec Israël, y compris en matière de défense.







