La ville de Joigny, située dans l'Yonne, a accueilli vendredi dernier une cérémonie poignante en mémoire de huit Joviniens décédés pendant la Seconde Guerre mondiale. En collaboration avec le lycée Louis Davier, sept pavés de mémoire ont été installés, rappelant ainsi le sacrifice de ces citoyens durant une période sombre de l'histoire. La première personne honorée est Irène Chiot, une résistante jovinienne, morte en juin 1945 à cause de la dysenterie après avoir été libérée du camp de Bergen-Belsen. Les élèves du lycée ont pris en charge cette cérémonie émouvante.
Au cours de cet hommage, Swan Laurent, un élève en terminale maintenance automobile, a exprimé la cohésion de cette initiative : "Nous sommes réunis ce matin pour honorer la mémoire des Joviniennes et Joviniens assassinés. Ce pavé de mémoire 'Stolperstein' est un symbole de notre respect envers Irène Chiot et les autres déportés."
Des lycéens au cœur du projet de mémoire
Cette démarche n'est pas qu'une simple installation de pavés. Elle s'inscrit dans un projet éducatif plus large. Swan souligne l'importance de ce travail en équipe : "Nous avons visité des lieux de mémoire, notamment le Struthof, un camp de travail en Alsace, et le Mémorial de la Shoah à Paris. Cela fait maintenant un an et demi que nous travaillons sur ce projet." Les élèves ont été ravis de découvrir la formidable histoire d'Irène Chiot, qu'ils considèrent comme une figure emblématique de la résistance à Joigny.
Huit Joviniens honorés
En plus d'Irène Chiot, six autres Joviniens ont reçu cet hommage : André Sampic, Hélène et Gustave Weil, René Parigot, Sabatia Morand, Roger Varrey et Jean Hémery. La pose de ces pavés a été marquée par la lecture d'un poème de Boris Vian et une minute de silence, accompagnée du chant des partisans.
Carole Cerri, professeure d'arts appliqués, a précisé la portée de ce projet, qu'elle décrit comme transcendant : "C'est une initiative qui mêle l'art contemporain à une dimension mémorielle, un véritable pont entre plusieurs disciplines académiques. Ces pavés, créés par l'artiste allemand Gunther Demnig, sont aujourd'hui présents dans plus de 1000 villes européennes, avec 53 000 pavés installés à ce jour." Cette démarche collective permet ainsi de préserver la mémoire des déportés et d'éduquer les jeunes générations sur les leçons du passé.







