La justice israélienne a décidé mercredi de prolonger la détention de deux militants de la "flottille pour Gaza" jusqu'à dimanche, malgré des demandes pressantes pour leur libération. Ces individus avaient été arrêtés la semaine dernière alors qu'ils tentaient de se rendre au territoire palestinien depuis la Grèce, comme le rapportent plusieurs médias locaux.
Hadeel Abu Salih, avocate de Saïf Abu Keshek, d'origine palestinienne, et de Thiago Avila, Brésilien, a déclaré à l'AFP que la cour de Beersheva avait rejeté leur appel, acceptant sans réserve les arguments de l'État. Les deux hommes sont apparus lors de l'audience accompagnés de gardiens, leurs pieds entravés, dans des conditions difficiles.
Alors que Saïf semblait épuisé, Thiago a affiché un calme apparent. Tous deux contestent la prolongation de leur détention, demandée par la police pour leur permettre de mener des interrogatoires, bien qu'ils ne soient pas encore inculpés. Israël les accuse d'avoir des liens avec le Hamas, les qualifiant d'"affiliés à une organisation terroriste".
Les deux militants soutiennent fermement qu'ils souhaitaient uniquement apporter une aide humanitaire à Gaza, qui fait face à une crise prolongée due à des conflits persistants. Selon le gouvernement espagnol, aucune preuve n'a été fournie par Israël justifiant ces accusations contre son citoyen.
Les ans de tensions trouvent un écho au sein de la diplomatie, avec des dirigeants comme le président Lula du Brésil et le ministre espagnol des Affaires étrangères, qui dénoncent cette arrestation comme "totalement illégale" et en dehors de toute juridiction applicable.
Ces militants font partie d'un groupe de 175 personnes engagées dans une flottille pour tenter de briser le blocus israélien. Tandis que les autres participants ont été relâchés en Grèce, Saïf et Thiago ont été transférés en Israël.
Hadeel Abu Salih a souligné que cette arrestation a eu lieu en eaux internationales et constitue donc une "arrestation illégale". Elle s'inquiète de la légitimité que cela pourrait donner à Israël pour poursuivre de telles actions à l'avenir, contre des ressortissants étrangers.
L'interception par l'armée israélienne a suscité des condamnations internationales, y compris de l'Italie, de l'Allemagne et de la Turquie, toutes ayant des ressortissants affectés par cette opération.
L'ONU a appelé mercredi à la libération immédiate et inconditionnelle de Thiago Avila et Saïf Abu Keshek, qui sont en grève de la faim depuis leur arrestation, selon l'ONG israélienne Adalah qui les représente. Cette organisation a dénoncé les "mauvais traitements" que subiraient les militants en prison, incluant des interrogatoires de plusieurs heures, un éclairage constant dans leur cellule, et un isolement total.
Israël a pour sa part nié ces allégations de mauvais traitements.







