Le 5 mai, le porte-conteneurs San Antonio, détenu par CMA CGM, a été frappé près du détroit d'Ormuz, avec à déplorer huit blessés parmi son équipage. Cette attaque, apparemment orchestrée par l'Iran, intervient dans un contexte de tensions régionales croissantes et à peine quelques heures avant la suspension par les États-Unis de l'opération "Projet Liberté", qui visait à sécuriser les voies maritimes.
Le San Antonio, un navire mesurant 222 mètres de long et transportant environ 3 000 conteneurs, naviguait sous pavillon maltais lorsqu'il a subit cette attaque. Selon des données de radar maritimes, le navire, avec principalement des membres d'équipage philippins, était en route vers le détroit d'Ormuz au large des côtes de Dubaï. À 9h31, le système AIS du bateau a été désactivé, le rendant invisible pour les systèmes de suivi. Onze heures plus tard, il a été touché, provoquant des dégâts significatifs. L'armateur a communiqué : "Les membres d'équipage blessés ont été évacués et reçoivent les soins médicaux nécessaires."
Une protection militaire déjà contestée
L'attaque du San Antonio survient alors même que les États-Unis annonçaient l'activation de l'opération "Projet Liberté", qui prévoyait des patrouilles de navires militaires dans la région pour protéger les tankers et autres porte-conteneurs. Emmanuel Chalard, syndicaliste des officiers de la Marine marchande, a exprimé des doutes sur l'efficacité de cette opération, la qualifiant d'angressive. Il a déclaré : "Cela aggrave la situation et rend les tentatives de passage de plus en plus risquées, incitant à la violence."
En effet, ce programme controversé n’a été actif que 36 heures et n’a protégé que deux navires. Peu après l'attaque, Donald Trump a annoncé sur les réseaux sociaux la suspension de l'opération, invoquant des avancées positives dans les négociations avec l'Iran : "En raison des grands progrès en vue d’un accord final avec l'Iran, nous avons décidé de mettre l’opération Projet Liberté en pause."
Actuellement, toute traversée du détroit d'Ormuz sans l'accord des autorités iraniennes est jugée risquée. Environ 1 500 navires, dont 59 liés aux intérêts français, demeurent bloqués dans les eaux du golfe Persique, intensifiant les inquiétudes sur la sécurité maritime dans cette zone stratégique.







